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Biram Dah Abeid primé par le Département d’Etat américain pour la lutte anti-esclavage d’IRA-Mauritanie


Biram Dah Abeid, président d'IRA-Mauritanie, à Washington, le 30 juin 2016

Biram Dah Abeid, président d'IRA-Mauritanie, à Washington, le 30 juin 2016

Lors de sa visite à VOA Afrique à Washington, Biram Dah Abeid a dénoncé l’arrestation de deux militants et des violences policières lors d’une «opération déguerpissage» à Nouakchott mercredi.

Jeudi matin, selon IRA-Mauritanie, la police a arrêté deux militants, le 3ème vice-président Amadou Tidjane Diop et Abdellahi Matalla Saleck, responsable de la section IRA de Sebkha (quartier périphérique de Nouakchott).

Dans un communiqué transmis à VOA Afrique, les militants dénoncent par ailleurs la répression d’un groupe de personnes par les autorités mercredi.

« (…) la force publique a réprimé les populations de la Gazra aux environs de la fondation Bouamatou. Il s’agit d’un bidonville sur des dunes de sable que ces populations pauvres occupent depuis une vingtaine d’année. Ces populations devraient être déguerpies au profit de lobbies affairistes (…)», indique un communiqué d’IRA-Mauritanie, ajoutant que «devant le refus des populations de quitter les lieux sans aucune garantie d’être replacées ailleurs, les forces de police ont fait usage d’une violence sans précédent faisant des dizaines de blessés et plusieurs arrestations.»

Lors de sa visite à Washington, où le secrétaire d’Etat américain John Kerry lui a remis un prix pour sa lutte contre l’esclavage, Biram Dah Abeid, tout juste sorti de prison le mois dernier, a accordé une interview à VOA Afrique, dans laquelle il a dénoncé ce qu’il qualifie d’«Apartheid non écrit» en Mauritanie, affirmant que le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz «emprisonne les Mauritaniens dans la division ethnique (…)»

En Novembre 2014, M. Abeid et M. Ramdhane avaient été arrêtés ensemble pour leurs rôles dans une protestation contre la pratique de l'esclavage en Mauritanie ainsi que les politiques discriminatoires d'utilisation des terres et autres violations subies par les minorités non-arabes.

Le 17 mai dernier, la Cour suprême mauritanienne avait ordonné la libération immédiate des militants Biram Dah Abeid et Brahim Bilal Ramdhane.

La haute juridiction avait requalifié les faits, d'appartenance à une organisation non reconnue et de rébellion contre la force publique, en attroupement maintenu après les premières sommations, passible de deux mois à un an de prison. Ayant dépassé cette peine, les deux militants avaient été libérés aussitôt sur ordre de la Cour.

Les Haratine (descendants d'esclaves) et les communautés sub-sahariennes sont sous-représentées au sein du gouvernement, en faveur des Maures blancs minoritaires.

Biram Dah Abeid, qui a été candidat à la présidentielle de 2014, a déjà annoncé sa candidature au prochain scrutin.

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