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La Banque centrale sud-soudanaise renonce à la parité fixe avec le dollar


Kosti Manibe Ngai, ministre sud-soudanais des Finances et de la Planification économique, aux côtés de Ngozi Okonjo-Iweala du Nigeria lors de la conférence de presse des ministres africains des Finances, en marge des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington, le 20 avril 2013.

Kosti Manibe Ngai, ministre sud-soudanais des Finances et de la Planification économique, aux côtés de Ngozi Okonjo-Iweala du Nigeria lors de la conférence de presse des ministres africains des Finances, en marge des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington, le 20 avril 2013.

La Banque centrale du Soudan du Sud a cessé de fixer le taux de change de la monnaie nationale, largement surévaluée.

Elle a annoncé mardi le passage au régime de change flottant, fixé par le marché, sur fond d'inflation galopante causée par deux ans de guerre civile.

Le taux fixé par la banque centrale tournait jusqu'ici autour de 2,95 livres sud-soudanaises pour un dollar. Mais la monnaie sud-soudanaise s'échangeait au marché noir à plus de 18 livres pour un dollar.

"Toutes les opérations de change devront (désormais) être effectées au taux de change déterminé par le marché", a annoncé dans un communiqué la Banque centrale.

Son gouverneur Kornelio Korim Mayik a prévenu que cette dévaluation de fait de la livre sud-soudanaise aurait "un impact négatif sur les bas revenus", ce qui pourrait avoir des conséquences politiques.

La Banque centrale a expliqué avoir pris cette décision en raison "des dures réalités" auxquelles est confronté le pays, à savoir la guerre civile, qui a éclaté il y a exactement deux ans mardi, et la baisse des revenus pétroliers qui en découle. Le pétrole, principale source de devises du pays, représente 98% de ses revenus.

M. Mayik a reconnu que la stabilité de la livre sud-soudanaise "pourrait être difficile à maintenir à court terme" en l'absence de "réserves adéquates de devises étrangères".

La guerre civile, l'effondrement de l'économie et le manque de devises ont profondément affecté les Sud-soudanais, qui dépendent pour leur survie de biens de première nécessité importés à des coûts très élevés, les prix de la nourriture et de l'essence ayant flambé ces derniers mois.

La production de pétrole a extrêmement souffert de la guerre dans les deux Etats pétroliers d'Unité - où elle est à l'arrêt total - et du Haut-Nil. Elle est passée d'un maximum de 300.000 barils par jour avant le conflit à 165.000 actuellement, le prix du baril ayant parallèlement chuté de 100 à 40 dollars, a indiqué le ministre des Finances David Deng Athorbei.

"En tant que pays presque entièrement dépendant des recettes pétrolières, ces chocs ont considérablement augmenté les déficits budgétaires", a-t-il reconnu. Le taux de change flottant entre la livre et le dollar "aura certainement des effets négatifs sur nos concitoyens, particulièrement à court terme", a-t-il admis, jugeant ce changement "difficile mais nécessaire".

Le Soudan du Sud a proclamé son indépendance en juillet 2011, sur les ruines de décennies de conflits avec Khartoum, avant de replonger deux ans et demi plus tard dans la guerre en raison de dissensions politico-ethniques au sein de l'armée, alimentées par la rivalité à la tête du régime entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar.

Le conflit, marqué par des atrocités attribuées aux deux camps, a fait des dizaines de milliers de morts et chassé plus de 2,2 millions de personnes de chez elles.

Avec AFP

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