Reprise des affrontements entre manifestants et policiers en Turquie
Des jeunes manifestants à Ankara le 3 juin 2003.
La police a tiré lundi des gaz lacrymogènes pour disperser un millier de protestataires à Ankara, au quatrième jour des manifestations contre le premier ministre Recep Tayyip Erdogan, qui a nié toute dérive autoritaire.
Après une nuit de violences, notamment à Istanbul, Ankara et Izmir, des incidents ont repris lundi après-midi dans la capitale turque, où des étudiants et des jeunes pour la plupart des manifestants, s’étaient réunis au centre-ville.
Des médecins ont annoncé le décès d’un jeune manifestant, qui a été touché dimanche soir à Istanbul par une voiture ayant percuté la foule.
Le Premier ministre turc a quitté le pays lundi pour une tournée de quatre jours dans les pays du Maghreb après avoir répété qu'il ne cèderait pas face au mécontentement populaire.
"Nous resterons fermes", a déclaré M. Erdogan. "Si nous avons réellement des pratiques antidémocratiques, notre Nation nous renversera", a-t-il souligné devant la presse en référence aux élections de 2014.
Le président turc Abdullah Gül a quant à lui appelé les manifestants au calme et dit à la presse qu’une démocratie ne se jouait pas seulement par la voix des urnes, mais également par celle de la rue, estimant qu’il est "tout à fait naturel d'exprimer des opinions différentes (...) par des manifestations pacifiques", contredisant ainsi le chef du gouvernement.
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Une analyse de Bayram Balci du CNRS, au micro de Jacques Aristide