Soupçons grandissants sur l'extradition de trois rebelles tchadiens

Ahmat Yacoub Adam, photo non datée fournie par son avocat Me Schmid.

Trois rebelles tchadiens arrêtés au Niger en octobre 2017 auraient été extradés vers le Tchad, selon leur avocat ainsi que des défenseurs des droits de l'Homme, ce que dément le gouvernement tchadien.

Deux de ces rebelles sont Hassan Boulmaye, président du Conseil de commandement militaire pour le salut de la République (CCMSR), possédant le statut de réfugié politique en France depuis 2001 et Ahmat Yacoub Adam qui a le statut de réfugié en Egypte.

Il existe un "consensus" entre "militants tchadiens" de la rébellion et de défense des droits de l'Homme "sur le fait que ces personnes ont été extradées au Tchad, plus précisément au bagne de Koro Toro" situé en plein désert du nord du pays, a affirmé à l'AFP par téléphone l'un des avocats des rebelles, Bernard Schmid, basé en France.

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Les trois membres du CCMSR avaient été arrêtés en octobre dans la région d'Agadez, dans le nord du Niger. Fin octobre, le Tchad, pays allié, avait demandé leur extradition pour "terrorisme".

Les trois rebelles auraient été emmenés vers le Tchad trois semaines après leur interpellation, selon l'avocat.

"Personne n'a été extradé", a affirmé à l'AFP le ministre tchadien de la Sécurité, Ahmat Mahamat Bachir, joint par téléphone.

Mais les défenseurs des droits de l'Homme s'inquiètent néanmoins du sort des trois hommes.

"La prison de haute sécurité de Koro Toro est quasi inaccessible aux avocats et parents des personnes qui y sont incarcérées" et "aux organisations de défense des droits de l'Homme", indique Mme Balkissa Ide Siddo, d'Amnesty international.

"Les individus qui y sont transférés tombent rapidement dans l'oubli, y compris de la justice, car les juges d'instruction n'y vont pas et la procédure n'évolue pas", selon elle. "D'apres les échos que nous avons reçus, les conditions de détention y sont déplorables", ajoute Mme Siddo.

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Né en 2016, le CCMSR se définit comme une opposition politico-militaire au pouvoir d'Idriss Déby et revendique plusieurs milliers de combattants.

Depuis le sud libyen et l'est soudanais, plusieurs rébellions tchadiennes tentent de "survivre" grâce à des aides financières, au mercenariat ou à divers trafics, selon Jérôme Tubiana, spécialiste du Tchad et chercheur pour le groupe de recherche Small Arms Survey.

"Au nord et à l'est du Tchad, des opérations de banditisme se passent tous les jours, dont des trafics de drogue et d'êtres humains", explique le ministre de la Sécurité M. Bachir.

Avec AFP