Un criminel de guerre sanctionné pour avoir violé les règles de sa libération en Sierra Leone

Cimetière de Freetown, 20 decembre 2014

Moinina Fofana s'est vu infliger de nouvelles restrictions de mouvement mais ne sera pas renvoyé en prison, a annoncé le Tribunal spécial résiduel pour la Sierra Leone.

Moinina Fofana, un chef de la milice pro-gouvernementale des Forces de défense civile (CDF) pendant la guerre civile (1991-2002), avait été arrêté le 10 mars pour "avoir violé les conditions de sa libération", avait indiqué sans fournir de détail le Tribunal, qui a pris le relais du Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL).

"Moinina Fofana a intentionnellement violé les conditions de sa libération conditionnelle anticipée en assistant à une conférence politique à Makeni (centre-nord), a considéré lundi la juge Vivian Solomon", selon un communiqué du Tribunal.

"M. Fofana ne sera pas renvoyé en prison, mais la juge Solomon a modifié les conditions de sa libération anticipée. Pendant les six prochains mois, il ne sera pas autorisé à sortir de la ville de Bo", dans le sud du pays, selon le texte.

Après cette période, il devra obtenir pour chaque déplacement une "permission écrite" et donner sa destination exacte, le but du voyage et la date de retour, et se signaler à son arrivée. Il devra en outre se présenter à la police de Bo une fois par semaine et non plus deux fois par mois, selon cette décision.

En annonçant la libération de Moinina Fofana le 12 mars 2015, qui a purgé 12 de ses 15 ans de prison, le Tribunal avait annoncé qu'il achèverait sa peine à Bo "sous des conditions strictes et une surveillance draconienne". Il lui était interdit d'entrer en contact avec des témoins ou de faire de la politique.

Il a passé ses 12 ans de prison au Rwanda en vertu d'un arrangement exceptionnel, la Sierra Leone ne disposant pas d'établissements pénitentiaires adéquats, selon les Nations unies.

Son procès s'était ouvert en 2004. Reconnu coupable de crimes de guerre, Moinina Fofana avait été condamné en première instance en 2007 à six ans de prison, puis en appel en 2008 à 15 ans.

La milice des CDF a commis de nombreuses exactions contre les civils aux côtés des chasseurs traditionnels Kamajor alors qu'ils combattaient les rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF).

Le TSSL a été créé en 2002 pour juger les responsables d'exactions commises au cours de la guerre civile qui a fait 120.000 morts et des milliers de mutilés.

Avec AFP