JO 2016 : Ahouré et Ta Lou, les flèches ivoiriennes veulent faire mouche sur le sprint à Rio

Marie-Josée Ta Lou de la Côte d'Ivoire, à l’extrême gauche, Ruddy Zang Milama du Gabon, deuxième à gauche, Tynia Gaither de Bahamas, deuxième à droite, et Sunayna Wahi de Surinam, à l’extrême droite, au 100 mètres-dames aux JO de Rio.

Après plus de trente ans sans médaille olympique, la Côte d'Ivoire rêve de podiums sur les épreuves de sprint aux Jeux de Rio, avec ses deux flèches Murielle Ahouré et Marie-Josée Ta Lou. Elles sont déjà bien lancées, toutes deux qualifiées pour les demi-finales du 100 m.

Vice-championne du monde 2013 sur 100 m et 200 m, double vice-championne du monde en salle sur 60 m (2012 et 2014), deux fois deuxième de la Ligue de diamant, Ahouré vise cette fois l'or à Rio, histoire de pouvoir fêter son 29e anniversaire en fanfare, le 23 août, deux jours après celui de Bolt et la clôture des JO.

"Il y aura Rio avec le 100 m et le 200 m, et le rêve d'une médaille d'or. Je travaille très dur pour ça", avait confié la jeune femme, avare de son temps devant les médias, à RFI.

Entraînée par le Jamaïcain Allen Powell, Ahouré s'est faite discrète sur le circuit cette année, pour mieux se préparer pour le rendez-vous brésilien. Et ses rares sorties sur 100 m ont été convaincantes, avec une des meilleures performances mondiales de l'année (10.78) à Montverde en Floride (Etats-Unis) en juin et un titre de championne d'Afrique.

A Rio, elle a déjà croisé sa grande rivale, la double championne olympique du 100 m, la Jamaïcaine Shelly-Ann Fraser-Pryce, sur la pelouse du Maracana : les deux athlètes, ainsi d'ailleurs que son amie bulgare Ivet Lalova, étaient en effet les porte-drapeau de leur pays pour la cérémonie d'ouverture.

'C'est un rêve'

"C'est un grand honneur pour moi ! C'est un symbole de considération très fort pour ma personne et l'athlète que je suis. L'honneur est grand et significatif de l'importance que je peux représenter pour tout le sport en Côte d'Ivoire", avait-elle commenté sur sa page Facebook.

Outre les Jamaïcaines, Américaines, Nigérianes et Européennes, Ahouré devra aussi se méfier de sa compatriote Marie-Josée Ta Lou, qui a explosé sur le tard cette année, à 27 ans, battant notamment Fraser-Pryce au meeting de Londres et s'imposant sur 200 m aux Championnats d'Afrique à Durban, en Afrique du Sud.

"Murielle, c'est une grande soeur. Avant les courses, on se souhaite +Bonne chance+, après on discute mais chacune fait sa course", a expliqué à l'AFP Ta Lou, qui vit ses premiers JO : "C'est un rêve. En 2012, j'avais fait les minima B mais je n'étais pas partie (aux JO de Londres). Aller à Rio, c'est quelque chose de grandiose. Il faut attendre tous les quatre ans".

Modeste, elle annonce "viser une place en finale" mais ne fait pas de complexe face aux chronos de ses rivales : "C'est le temps du jour de la course qui compte. On ne peut pas se prononcer à l'avance".

Ahouré, qui s'était loupée à Londres, est du même avis : "Ce n'est pas toujours celle qui court le plus vite, il y a aussi celle qui est la plus calme" le jour J, expliquait-elle à la chaîne ivoirienne RTI.

Fille d'un général

Les deux Ivoiriennes ont comme point commun d'avoir découvert l'athlétisme sur le tard. Fille adoptive du général Mathias Doué, chef d'état-major controversé pendant le début de la crise ivoirienne et tombé en disgrâce en 2004, Ahouré est venu à l'athlétisme lors de sa dernière année de lycée aux Etats-Unis.

Elle cherchait à se faire des amis dans son nouvel établissement et s'y était inscrite parce qu'elle ne savait jouer "ni au foot ni au basket". "Je savais que je pouvais courir vite car quand j'étais petite, je courais toujours contre les garçons à la récré et je les battais", a-t-elle raconté sur YouTube.

Pour Ta Lou, "la course n'était pas vraiment une vocation", même si elle aussi battait les garçons : "Ils disaient que j'étais +trop forte+". "J'ai commencé en 2009 grâce à mon frère, qui ne voulait pas que je fasse du foot. Aujourd'hui, je suis contente..."

Repérée très vite, elle est sélectionnée pour intégrer une section sport-études en Chine, en 2010. Mais elle ne goûtera pas l'expérience et s'entraîne désormais au Sénégal, avec son entraîneur ivoirien Anthony Koffi, grâce à une bourse.

La Côte d'Ivoire n'a remporté qu'une seule médaille aux jeux Olympiques, toutes disciplines confondues. C'était déjà en athlétisme, avec le regretté Gabriel Tiacoh, médaillé d'argent sur 400 m en 1984, et décédé en 1992 d'une méningite.

Les deux flèches ivoiriennes aimeraient faire honneur à leur illustre aîné. "Je suis prête", a lancé Ta Lou.

Avec AFP