UE: la jeunesse se sent "marginalisée" par la crise

Le Parlement européen, Strasbourg, France.

Plus de la moitié des jeunes Européens estiment que la jeunesse de leur pays a été "exclue de la vie économique et sociale" à cause de la crise, mais peu souhaitent quitter leur pays pour autant, indique un sondage réalisé pour le Parlement européen.

Sur l'ensemble des 28 pays de l'UE, 57% des jeunes interrogés ont répondu "oui" à la question "Pensez-vous que la jeunesse de votre pays a été marginalisée par la crise économique, c'est à dire exclue de la vie économique et sociale?", selon l'enquête Eurobaromètre publiée à l'occasion du Forum européen de la Jeunesse organisé vendredi et samedi à Strasbourg.

"Sans surprise, les taux sont très élevés dans les pays fortement touchés par la crise", a commenté le Parlement européen dans un communiqué.

Quelque 93% des jeunes Grecs, 86% des Portugais, 79% des Espagnols et 78% des Italiens jugent leur jeunesse marginalisée, contre seulement 27% des jeunes Allemands, 31% des Danois ou encore 41% des Luxembourgeois qui pensent l'inverse.

Avec 66% de réponses positives, la jeunesse française est plus négative que la moyenne européenne. Les jeunes estimant que leur classe d'âge est exclue sont majoritaires dans 20 des 28 pays de l'UE.

Ce sondage a été réalisé en avril auprès de 10.294 jeunes Européens âgés de 16 à 30 ans dans tous les Etats membres de l'UE.

Selon l'étude, une majorité de jeunes (59%) juge le système éducatif de leur pays "adapté au monde du travail actuel". En revanche, dans neuf pays, dont la Grèce, la Bulgarie et Chypre, il est perçu comme inadapté.

Malgré la crise, seuls 32% des sondés veulent "étudier, suivre une formation ou travailler dans un autre pays de l'UE", relève l'Eurobaromètre, soulignant par ailleurs que "88% des jeunes n'ont jamais voyagé dans un autre pays membre pour étudier ou travailler".

Ce "manque d'intérêt manifeste" démontre "avant tout un manque d'information sur les possibilités et les bénéfices de la mobilité pour les jeunes. Cela est particulièrement vrai pour les moins favorisés", a estimé dans un communiqué l'organisation étudiante internationale Erasmus Student Network (ESN).

Avec AFP