Barça-Real, la saison de l'égalité parfaite ?

Marco Asensio, le milieu de terrain du Real Madrid, rivalise avec le défenseur espagnol de Barcelone, Gerard Pique au stade Camp Nou de Barcelone, le 6 mai 2018.

Eternels rivaux, FC Barcelone et Real Madrid mesurent leurs succès à l'aune des échecs de l'adversaire. Et à l'image d'un clasico échevelé dimanche (2-2), la saison pourrait ne pas départager l'invincible Barça, auteur du doublé Coupe-Liga, et l'indomptable Real, abonné aux finales européennes.

Dans une rare communion de vue, Catalans et Madrilènes se sont réveillés ce lundi avec le sentiment d'avoir réussi leur clasico mais d'avoir manqué une belle occasion de prendre l'ascendant sur le rival de toujours.

La faute à l'arbitrage controversé de M. Hernandez Hernandez, qui a mal jugé plusieurs faits de jeu. "Un grand clasico, un petit arbitre", a résumé le quotidien madrilène As.

Par bonheur, la Liga était déjà décidée en faveur du champion barcelonais. Mais "s'ils avaient joué le titre, ce serait un scandale", titre en pleine page le journal sportif Marca.

Et tous d'appeler de leurs voeux l'introduction de l'assistance vidéo à l'arbitrage (VAR) en Liga, attendue dès 2018-2019.

"L'année prochaine, cela va changer et nous verrons comment se finira un match comme celui-ci", a commenté l'entraîneur merengue Zinédine Zidane, néanmoins un peu réservé sur cet outil susceptible de casser le rythme des rencontres.

Invincibilité record ou triplé historique

Si le Real a gagné la première manche en août (3-1, 2-0 en Supercoupe d'Espagne), si le Barça s'est vengé en décembre (3-0 au Bernabeu en Liga), la saison s'achève sur un nul en forme de pat, comme aux échecs.

Le Barça n'a plus que trois matches à tenir pour être la première équipe espagnole à gagner la Liga sans perdre en 38 journées, une performance impressionnante de régularité. Mais le Real est en mesure de remporter sa troisième Ligue des champions d'affilée le 26 mai en finale contre Liverpool, un triplé inédité depuis les années 1970 (Ajax Amsterdam puis Bayern Munich).

Qui, dès lors, aura réussi la campagne la plus mémorable ?

"Ca dépend pour qui! Le Barça a fait le doublé et c'est une belle année pour eux", a concédé Sergio Ramos. "Mais gagner la Ligue des champions a un petit plus, cela équivaut à ces deux titres, voire plus."

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Evidemment, les Catalans ne sont pas d'accord. Comme Zidane, qui a souvent estimé que conquérir la Liga était plus difficile que gagner la C1, l'entraîneur barcelonais Ernesto Valverde a souligné la difficulté d'être performant tous les week-ends d'août à mai.

"La Liga te dit comment tu joues tout au long de l'année", a résumé le technicien, récemment confirmé dans ses fonctions alors que son contrat court jusqu'en 2019, avec une année supplémentaire en option.

Son président Josep Maria Bartomeu lui a d'ailleurs décerné un bonne note. "Je mets une mention excellente à la saison du Barça, avec un 9/10. Nous sommes très contents du travail de Valverde et des joueurs", a dit le dirigeant lundi sur la radio catalane Rac1.

Quant à Zidane, il a prolongé cette saison jusqu'en 2020 et il répète depuis plusieurs semaines qu'il se voit continuer l'an prochain. A raison de 8 trophées sur 12 possibles, sans compter un éventuel neuvième fin mai, le palmarès lui donne raison...

Un été de grandes manoeuvres ?

Dans la course aux honneurs et à la reconnaissance internationales, les deux autoproclamés "plus grands clubs du monde" devraient désormais poursuivre leur bataille... sur le marché des transferts.

Avec des chiffres d'affaires prévisionnels de 690 M EUR et 897 M EUR, respectivement, le Real et le Barça peuvent à nouveau frapper fort, même si les Catalans ont anticipé cet hiver en investissant 160 M EUR (bonus compris) pour Philippe Coutinho.

La piste la plus chaude, côté Barcelone, concerne Antoine Griezmann. Bartomeu a reconnu lundi avoir eu des contacts en octobre avec l'entourage de l'attaquant français de l'Atlético Madrid, dont la clause libératoire de 100 M EUR semble abordable.

Au Real, Zidane est fidèle à son groupe, au point d'avoir refusé tout renfort cet hiver. Mais cela fait très longtemps, depuis James Rodriguez en 2014, que le Real n'a pas recruté de "Galactique", accumulant un joli trésor de guerre.

Le Real peut-il attirer Neymar dès cet été ? Le président Florentino Pérez n'a jamais caché rêver de recruter le Brésilien et la presse espagnole bruisse quotidiennement de rumeurs autour d'un éventuel transfert de la star du Paris SG.

De quoi faire enrager le Barça, précédent club de Neymar (2013-2017)... et c'est peut-être là l'objectif du Real!

Avec AFP