Elections controversées au Zimbabwe: des bureaux de vote en Antarctique?

ARCHIVES - Le président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, en pleine campagne pour la présidentielle, à Harare, le 28 juillet 2018.

Le découpage des circonscriptions au Zimbabwe, quelques mois avant des élections générales qui s'annoncent tendues, fourmille d'irrégularités avec des zones électorales allant jusqu'en Antarctique, a dénoncé mercredi un groupe local de défense des droits civiques.

La commission électorale du Zimbabwe a publié le mois dernier la liste des circonscriptions pour ce scrutin qui doit avoir lieu en août mais dont la date exacte reste à fixer. Or selon l'organisation Team Pachedu, certaines coordonnées géographiques indiquent des lieux hors des frontières du pays d'Afrique australe, allant même jusqu'en Antarctique ou au milieu de l'océan Indien.

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"C'est insensé. Il y a tellement d'erreurs et d'irrégularités", s'est indigné auprès de l'AFP William du Plooy, militant de Team Pachedu, qui estime que cela met en doute le bon déroulement du prochain scrutin.

L'organisation a déclaré avoir trouvé des irrégularités dans une cinquantaine de circonscriptions électorales sur un total de 210. Sollicitée par l'AFP, la commission électorale n'a pas donné suite. Le président Emmerson Mnangagwa est régulièrement accusé de taire toute voix dissidente notamment par des arrestations arbitraires et de violer les droits.

Celui qui a succédé à Robert Mugabe en 2017 est confronté à un mécontentement grandissant, peinant malgré les promesses à atténuer pauvreté et inflation. Et aux critiques des groupes de défense des droits et de l'opposition qui dénoncent une répression accrue à l'approche du scrutin. Dans un entretien à l'AFP le mois dernier, le chef de l'opposition, Nelson Chamisa, a dénoncé un processus électoral "truffé de truquages et de manipulations".

Cette semaine, un tribunal a bloqué la diffusion des listes électorales sous format électronique, limitant les contrôles car les exemplaires papier sont coûteux et longs à éplucher, selon les défenseurs des droits. La semaine dernière, près de la capitale Harare, la police a arrêté un concert de Winky D, musicien populaire dans le pays qui a dénoncé la corruption dans son dernier album, le forçant à quitter la scène.