Un jeune supporter de foot tué par un soldat comorien

Les supporters comoriens lors du match de leur équipe contre le Cameroun à Moroni en janvier 2022.

Un Comorien de 21 ans, hospitalisé après avoir été touché au front par un tir "accidentel" d'un soldat lors d'un match de qualification pour la prochaine Coupe du monde de foot, est décédé, a-t-on appris mardi auprès de la famille.

La semaine dernière, un match Comores-Ghana s'est tenu au stade Malouzini de la capitale Moroni. Selon les autorités, des spectateurs tentant de forcer l'entrée de l'enceinte sportive ont provoqué un mouvement de foule. Fahad Moindze a lui aussi essayé mardi dernier d'assister au match des "Cœlacanthes", du nom de l'équipe nationale. Dans la confusion, un soldat, membre du dispositif de sécurité, a tiré dans ce que le porte-parole du gouvernement a qualifié de "malheureux" incident.

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Entretien avec le président comorien Assoumani

L'accident "a été provoqué par une manipulation accidentelle d'une arme mais tout cela provient du fait qu'il y a eu une bousculade liée à un mouvement de foule qui voulait à tout prix accéder au stade", a indiqué Houmed Msaidie, contacté par l'AFP le lendemain de l'incident. Fahad Moindze a été touché au front. Il avait été évacué pour des soins en Tanzanie, accompagné de son frère et un cousin. Il est mort à l'hôpital.

"J'ai mal, je n'ai pas de mot, mon neveu est mort", a confié mardi Sitti Ahamada, la tante du jeune homme, installée en France et jointe par téléphone. L'affaire a suscité l'émoi dans l'archipel de l'océan Indien.

L'avocat Djamal El-Dine Bacar a martelé mardi sur les réseaux sociaux que "les bavures policières ne doivent pas rester impunies". "Encore une nouvelle victime de l'incompétence et l'inhumanité", a réagi pour sa part Nadia Tourqui, représentante de l'ONG locale "Collectif de la 3e voie".

Le club des supporters des Cœlacanthes a adressé "ses condoléances les plus attristées" à la famille et indiqué son intention de "saisir les autorités à travers une plainte contre X pour cette bavure".

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