Brandir le drapeau du Zimbabwe pendant une manifestation peut coûter un an de prison

Pasteur Evan Mawarire, opposant au président Robert Mugabe, porte un drapeau de son pays au cou, à Harare, Zimbabwe, 16 juin 2016.

Le Zimbabwe a annoncé que la fabrication, la vente et l'utilisation du drapeau national sans autorisation officielle pouvait valoir un an de prison après l'utilisation du drapeau par des manifestants anti-Mugabe.

"Les membres du public qui participent à toute action avec le drapeau national ou discréditent le drapeau national risquent des poursuites judiciaires", a déclaré la ministre de la Justice, Virginia Mabhiza, dans un communiqué.

Les contrevenants encourent une peine maximale d'un an de prison ou/et une amende de 200 dollars (180 euros), a-t-elle précisé.

Le drapeau national est devenu un symbole de la contestation après que le pasteur Evan Mawarire, chef de file de la fronde citoyenne et organisateur d'une grève générale pendant l'été, a publié une vidéo en avril, le drapeau enroulé à son cou, et critiqué la politique économique du pays. Des dizaines de milliers de personnes ont vu cette vidéo sur internet et elle a encouragé les gens à manifester dans le pays.

En août dernier, des centaines de personnes avaient agité le drapeau du Zimbabwe à Bulawayo et chanté l'hymne national pour protester contre le gouvernement lors d'un match international de cricket, une manifestation de plus de la grogne anti-Mugabe croissante dans le pays.

Au 36e lancer de leur équipe - en référence aux 36 ans passés par Robert Mugabe au pouvoir - le public avait chanté l'hymne national et déployé le drapeau, devenu depuis plusieurs semaines un symbole de la contestation.

De nombreux Zimbabwéens s'opposent notamment à l'introduction de "billets d'obligation", une devise locale lancée en mai, à parité avec le dollar américain qui fait craindre un retour de l'hyperinflation qui avait détruit l'économie du pays en 2008-2009.

Robert Mugabe, âgé de 92 ans, dirige d'une main de fer le Zimbabwe depuis son indépendance en 1980, mais commence à connaître des défections dans son propre camp.

Avec AFP

Un déploiement massif de policiers a empêché samedi à Harare la tenue d'une manifestation d'opposants au président zimbabwéen Robert Mugabe, mobilisés depuis des semaines et qui voulaient exiger une nouvelle fois des réformes.

Avec AFP