Zuma attaque Ramaphosa sur la corruption de l'ANC

L'ancien président sud-africain Jacob Zuma comparaît à la Haute Cour de Pietermaritzburg à Pietermaritzburg, en Afrique du Sud, le 23 juin 2020.

L'ancien président sud-africain Jacob Zuma, pourtant mis en cause dans de nombreux scandales, a reproché à son successeur Cyril Ramaphosa d'avoir déploré que leur parti soit au coeur de la corruption qui gangrène le pays.

Dans une lettre ouverte la semaine dernière, M. Ramaphosa avait exhorté les membres du Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis la chute de l'apartheid en 1994, à reconnaître que leur parti était devenu "l'accusé numéro 1" en matière de corruption.

Ces dernières années, de nombreux dirigeants du parti historique de feu Nelson Mandela ont été mis en cause pour des détournements de fonds publics, surtout depuis le règne de M. Zuma (2009-2018).

Ce dernier a pris ombrage des propos de M. Ramaphosa, les qualifiant de "fondamentalement erronés".

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"Il est totalement injustifié de reprocher à tout l'ANC la mauvaise conduite de quelques-uns", s'est ému l'ancien chef de l'Etat dans un courrier qui a fuité dans la presse.

"Ce sont des individus de l'ANC qui doivent se cacher la tête dans le sable, pas l'ANC, notre glorieux mouvement", a-t-il ajouté, "je vous implore de prendre vos responsabilités sans insulter le mouvement".

"Je considère votre lettre comme une diversion, un exercice de relations publiques dans lequel vous accusez tout l'ANC pour sauver votre peau", a également contre-attaqué Jacob Zuma.

Plusieurs proches du président ont été récemment mis en cause dans des affaires de détournements de fonds destinés à la lutte contre la pandémie de coronavirus.

Cyril Ramaphosa a pris la tête de l'ANC puis de l'Afrique du Sud en 2018 en poussant à la retraite Jacob Zuma, mis en cause dans une litanie de scandales. Il peine depuis à tenir sa promesse de débarrasser le pays de la corruption.