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RDC : deux militants de la société civile condamnés à trois mois de prison


La justice congolaise a condamné jeudi à trois mois de prison deux militants de la société civile arrêtés lors d'une manifestation dans l'est de la République démocratique du Congo, et a relaxé sept autres personnes poursuivies avec elles, a-t-on appris auprès de la défense.

Sur les neuf personnes arrêtées le 28 novembre lors d'une manifestation dénonçant une vague de tueries de civils par des hommes armés dans le nord du Nord-Kivu, le tribunal de grande instance de Goma, capitale de cette province de l'est de la RDC, a condamné Juvin Kombi et Pascal Byumanine, a déclaré à l'AFP leur avocat, Me Georges Kapiamba

Les deux jeunes hommes sont membres de la Lutte pour le changement (Lucha), mouvement d'indignés créé à Goma et se définissant comme non-violent et non-partisan.

Tous deux ont été condamnés pour "incitation à la révolte" et ont été libérés jeudi après-midi après le paiement d'une amende de 100.000 francs congolais par personne (une centaine de dollars américains, somme élevée pour le commun des Congolais) compte tenu de leur temps passé en détention préventive.

Me Kapiamba a dénoncé une "condamnation qui ne repose sur aucun fait", et une "atteinte au droit de manifester".

Les sept autres personnes poursuivies dans la même affaire, sans affiliation connue, ont été relaxées et libérées à l'issue du procès.

Le nord-Kivu est déchiré par les conflits armés depuis plus de vingt ans.

Selon la Lucha, 15 de ses militants ont été arrêtés depuis la mi-mars 2015 : 12 ont été condamnés (sur lesquels six sont encore en prison), et 3 sont en instance de jugement (et en prison).

Le procès de deux d'entre eux doit s'ouvrir vendredi à Kinshasa.

Le doyen des détenus du mouvement, Fred Bauma, a été arrêté il y a près d'un an, le 15 mars 2015, lors d'une rencontre internationale sur la bonne gouvernance en Afrique à Kinshasa présentée par les autorités comme une réunion "terroriste".

Son procès pour complot contre le chef de l'État s'est ouvert il y a plusieurs mois et est suspendu à une décision de la Cour suprême de justice congolaise sur sa demande de remise en liberté, attendue pour le 16 mars.

Le climat politique est très tendu en RDC alors que chaque jour qui passe rend un peu plus improbable la tenue de la présidentielle censée avoir lieu avant la fin de l'année.

L'opposition soupçonne le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, de vouloir demeurer à la tête du pays au terme de son mandat en décembre 2016, alors que la Constitution lui interdit de se représenter.

Depuis des mois, les Nations Unies dénoncent ce qu'elles qualifient de vague d'arrestations arbitraires d'opposants et autres militants de la société civile.

Avec AFP

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