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Un colonel espion de la CIA fait général à titre posthume en Pologne


Un soldat de l'armée polonaise se tient à côté de l'urne contenant la cendre du colonel Ryszard Kuklinski, à la cathédrale militaire lors de la cérémonie funèbre à Varsovie, Pologne, 19 juin 2004.

Un soldat de l'armée polonaise se tient à côté de l'urne contenant la cendre du colonel Ryszard Kuklinski, à la cathédrale militaire lors de la cérémonie funèbre à Varsovie, Pologne, 19 juin 2004.

Le président polonais Andrzej Duda a nommé vendredi général à titre posthume le colonel Ryszard Kuklinski qui avait fourni à la CIA des renseignements inestimables sur le Pacte de Varsovie à l'époque communiste.

Qualifiant l'ancien officier polonais, décédé en Floride en 2004 et enterré à Varsovie, de "chevalier de notre indépendance" et sa promotion au grade de général d'"acte de la justice historique", le chef de l'Etat polonais a estimé que la Pologne devait son indépendance retrouvée à la fin des années 80 entre autres "à son courage et à sa détermination".

La cérémonie a eu lieu dans le cadre de la Fête de l'Indépendance célébrée en Pologne le 11 novembre, 98 ans après la renaissance du pays à l'issue de la Première Guerre mondiale.

Brillant officier dans l'armée communiste polonaise, Kuklinski avait décidé de changer de camp après la répression d'un soulèvement ouvrier en 1971 et en prenant connaissance de plans agressifs de l'URSS. Entre 1972 et 1981, il a communiqué quelque 35000 pages de documents secrets soviétiques aux services de renseignement américains.

Il a été exfiltré en 1981 avec sa famille et a vécu aux Etats-Unis. Après la chute du communisme en Pologne et en URSS, en 1994 et 1995, ses deux fils sont morts aux Etats-Unis dans des circonstances non élucidées, l'un renversé par un véhicule dont le conducteur n'a jamais été retrouvé, l'autre dans le naufrage inexplicable de son yacht.

Sans l'exclure, Kuklinski n'avait jamais accusé explicitement les services russes d'en être responsables. Le président Duda, en lui rendant hommage, a dit que Kuklinski, "grande figure de l'histoire et homme de l'indépendance", avait payé son action "non seulement par son exil, par la sentence de mort prononcée par un tribunal communiste, par sa dégradation, mais aussi par la vie de ses proches dans des circonstances qui n'ont toujours pas été éclaircies aujourd'hui".

Avec AFP

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