Liens d'accessibilité

Le Saint-Siège et la Birmanie annoncent l'établissement de relations diplomatiques


La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi et le pape François lors de leur rencontre au Vatican, le 4 mai 2017.

Le Saint-Siège et la Birmanie ont annoncé jeudi l'établissement de pleines relations diplomatiques, juste après une rencontre cordiale au Vatican entre la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi et le pape François.

"Le Saint-Siège et la Birmanie, désireux de promouvoir des liens d'amitié mutuelle, ont décidé d'un commun accord d'établir des relations diplomatiques", annonce un communiqué publié par le Vatican.

La rencontre entre le pontife argentin, tout juste rentré d'un voyage pour promouvoir la paix en Egypte, et le Prix Nobel de la Paix 1991 a été décrite comme "très décontractée et joyeuse" par des journalistes ayant assisté aux salutations.

Aung San Suu Kyi a été reçue jeudi à la bibliothèque vaticane par le pape François pendant une vingtaine de minutes, occasion pour le souverain pontife de lui offrir une médaille en bronze représentant un désert qui se transforme en champ de fleurs.

Selon l'agence d'information spécialisée Eglises d'Asie, l'établissement des relations diplomatiques avait été avalisée en mars en Birmanie au niveau parlementaire. Cette décision permettra de faciliter le dialogue entre les quelque 800.000 fidèles catholiques (6,2% de la population) d'un pays à plus de 90% bouddhiste et les autorités gouvernementales.

L'Eglise catholique locale, qui s'était fait nationaliser toutes ses écoles dans les années 1960 suite au coup d'Etat militaire, investit à nouveau, non sans difficultés, dans l'éducation et réclame des autorisations pour construire des églises, souligne Eglises d'Asie.

Depuis décembre 1990, le Saint-Siège disposait pour la Birmanie d'un simple "délégué apostolique" vivant à l'étranger, précise aussi ce site spécialisé qui suit les missions étrangères des Eglises dans le monde.

Maintenant que les relations ont été établies, le Saint-Siège enverra en Birmanie un nonce apostolique, c'est-à-dire un ambassadeur officiel du Vatican. Un ambassadeur birman sera également nommé près le Saint-Siège.

Vietnam et Chine

La Birmanie compte depuis 2015 son premier cardinal créé par le pape François, Mgr Charles Bo.

En février, le souverain pontife avait dénoncé sur la place Saint-Pierre le traitement réservé à la minorité musulmane des Rohingyas, "torturés et tués en raison de leurs traditions et de leur foi" en Birmanie.

Le pape François recevant la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi au Vatican, le 4 mai 2017.
Le pape François recevant la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi au Vatican, le 4 mai 2017.

Traités comme des étrangers en Birmanie, les Rohingyas sont apatrides même si certains vivent dans le pays depuis des générations.

Mais dans un entretien à la BBC le mois dernier, Aung San Suu Kyi, arrivée au pouvoir il y a un an, avait rejeté les accusations de nettoyage ethnique, alors que l'ONU a lancé une enquête.

Dans cette région d'Asie, le pape François souhaiterait aussi établir des relations diplomatiques avec la République socialiste du Vietnam (7% de catholiques), qui représenteraient l'aboutissement de près de 30 ans de contacts avec ce pays communiste.

Le Saint-Siège dispose au Vietnam depuis 2011 d'un "représentant non-résident". Mais une rencontre en novembre au Vatican entre le pape et le président vietnamien, Tran Dai Quang, n'avait pas répondu à ces espoirs.

Le Saint-Siège tente aussi d'aboutir à un rapprochement historique avec la Chine après 65 ans de brouille. Les deux parties préparent un accord de reconnaissance d'évêques mais ne devraient pas rétablir des relations diplomatiques, même si le pape rêve de pouvoir se rendre un jour en Chine.

Le pontife argentin accorde une grande importance au développement du catholicisme en Asie (très minoritaire avec 3% de la population) mais qu'il ressent comme dynamique. Depuis son élection en 2013, il s'est rendu en Corée du Sud, au Sri Lanka et aux Philippines.

Avec AFP

Facebook Forum

XS
SM
MD
LG