Liens d'accessibilité

Réintroduire la peine de mort en Turquie serait "la fin des négociations d'adhésion" à l'UE


Des membres de la sécurité du président turc Recep Tayyip Erdogan à Ankara, le 17 juillet 2016.

Des membres de la sécurité du président turc Recep Tayyip Erdogan à Ankara, le 17 juillet 2016.

La réintroduction en Turquie de la peine de mort, évoquée dimanche par le président Recep Tayyip Erdogan après le putsch raté, serait "la fin des négociations d'adhésion" d'Ankara à l'UE.

Steffen Seibert a par ailleurs dénoncé les "scènes révoltantes d'arbitraire et de vengeance" perpétrées à l'encontre de soldats soupçonnés d'avoir participé au putsch contre M. Erdogan.

"L'Allemagne et l'UE ont une position claire: nous rejetons la peine de mort catégoriquement", a déclaré Steffen Seibert lors d'un point de presse gouvernemental. "L'introduction de la peine de mort en Turquie signifierait en conséquence (pour Ankara) la fin des négociations d'adhésion à l'Union européenne", a-t-il prévenu.

"L'UE est une communauté de valeurs et une communauté unie autour de l'idée que la peine de mort se situe hors de ses valeurs", a souligné M. Seibert, selon lequel "certaines déclarations venues de Turquie sont inquiétantes".

Le gouvernement allemand "condamne" la tentative de coup d'Etat, a poursuivi le porte-parole, ajoutant que désormais, "l'Etat de droit" devait prévaloir.

Le chef de l'Etat islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan a évoqué dimanche une possible réintroduction de la peine capitale en Turquie, après le putsch manqué mené dans la nuit de vendredi à samedi par un groupe de militaires. Ankara avait aboli la peine de mort en 2004 dans le cadre de sa candidature à l'UE.

"Nous avons vu dans les premières heures après l'échec du putsch des scènes révoltantes d'arbitraire et de vengeance envers des soldats, en pleine rue", a par ailleurs dénoncé M. Seibert.

"Une telle chose est inacceptable", a-t-il insisté.

"Et dans ce contexte, il faut également dire clairement : cela soulève de graves questions et des doutes lorsque, un jour après la tentative de putsch, 2.500 juges se voient relevés de leurs fonctions", a encore dit M. Seibert.

L'inquiétude montait lundi en Allemagne, et plus largement au sein de la communauté internationale, face à la vague de répression qui touche la Turquie depuis le coup d'Etat manqué mené par un groupe de militaires dans la nuit de vendredi à samedi.

Depuis, la chasse aux mutins, désormais officiellement qualifiés de "terroristes", se poursuit. Au moins 290 personnes ont été tuées pendant la tentative de putsch et 6.000 personnes sont actuellement en garde à vue.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG