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Inquiétudes en Allemagne face à la vague de répression en Turquie après le putsch manqué


La chancelière allemande Angela Merkel au centre lors d'un meeting en Asie, à Ulaanbaatar, Mongolie, le 15 juillet 2016.

La chancelière allemande Angela Merkel au centre lors d'un meeting en Asie, à Ulaanbaatar, Mongolie, le 15 juillet 2016.

L'inquiétude montait lundi en Allemagne à propos de la situation en Turquie où le président Recep Tayyip Erdogan multiplie les arrestations dans l'armée et la justice, plusieurs voix redoutant qu'il "n'utilise" le putsch manqué pour étendre son pouvoir.

Dans le sillage de la chancelière Angela Merkel, plusieurs membres de son parti conservateur, la CDU, ont condamné la reprise en main du pays lancée par M. Erdogan. Samedi, Mme Merkel, cheville ouvrière de l'accord UE-Turquie sur les réfugiés, a appelé le M. Erdogan à traiter les putschistes en respectant "l'Etat de droit".

"Erdogan va utiliser le putsch pour étendre et renforcer son pouvoir au sein de l'Etat", a estimé Norbert Röttgen, président de la commission parlementaire des affaires étrangères au Bundestag, dans un entretien au journal Die Welt.

Si Erdogan utilise ce putsch manqué "pour limiter les droits constitutionnels, alors les négociations d'adhésion (à l'UE) seront compliquées, voire impossible", a prévenu dans le quotidien des affaires Handelsblatt Elmar Brok, président de la commission des affaires étrangères au Parlement européen.

Allié conservateur de la CDU au niveau fédéral, le patron des bavarois de la CSU, Horst Seehofer, a estimé dimanche sur la chaîne publique ARD que cet événement constituait "un test pour le gouvernement turc" et "devait être traité selon les règles de l'Etat de droit", alors que M. Erdogan a évoqué dimanche un possible rétablissement de la peine de mort.

"Il est plus facile pour un chameau de rentrer dans le chas d'une aiguille que pour un pays non démocratique de devenir membre de l'UE", a prévenu dans Die Welt Gunther Krichbaum, spécialiste des questions européennes au sein de la CDU.

A gauche également, les critiques pleuvent : le putsch raté est "un appel à la démocratie turque", a insisté dimanche le ministre des Affaires étrangères d'Angela Merkel, le social-démocrate Frank-Walter Steinmeier, appelant Ankara à respecter "tous les principes de l'Etat de droit".

"Quand des milliers de juges et de procureurs, qui n'ont manifestement rien à voir avec le putsch, sont destitués, c'est une attaque contre l'Etat de droit", a jugé Thomas Oppermann, chef des députés SPD au Bundestag, dans l'édition en ligne du Spiegel.

Au moins 290 personnes ont été tuées pendant la tentative de coup d'Etat d'un groupe de militaires dans la nuit de vendredi à samedi. 6.000 personnes sont actuellement en garde à vue.

L'Allemagne est le pays qui compte la plus grande communauté turque hors de Turquie.

Avec AFP

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