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RDC : contrats forestiers avec des sociétés chinoises "illégaux", en instance d'annulation


Une habitante d’un village riverain de la forêt dans la province Orientale porte sur la tête quelques produits de son travail, en RDC.

Une habitante d’un village riverain de la forêt dans la province Orientale porte sur la tête quelques produits de son travail, en RDC.

Les autorités congolaises ont annoncé mercredi leur intention d'annuler trois contrats forestiers attribués à deux sociétés chinoises en violation d'un moratoire décrété en 2002 en République démocratique du Congo (RDC).

"Par précaution, nous allons annuler ces trois contrats illégaux qui sont nuls et de nul effet", a annoncé à l'AFP le ministre congolais de l'Environnement, Robert Bopolo.

Dans les archives du ministère de l'Environnement, "il n'y a aucune trace des contrats attribuant trois concessions forestières à Somifor et Fodeco", deux sociétés à capitaux chinois, a-t-il affirmé.

"Le Trésor public n'a rien encaissé dans cette transaction illégale", a indiqué le ministre, précisant qu'il avait décidé de les annuler afin "d'éviter que les détenteurs s'en prévalent ultérieurement".

Dans un rapport publié mardi et intitulé "Comment la RDC a secrètement violé son propre moratoire sur l'attribution de nouvelles concessions forestières", l'organisation écologiste Greenpeace a accusé l'ex-ministre de l'Environnement Bienvenu Liyota Ndjoli d'avoir attribué ces trois concessions forestières les 13 et le 16 août 2015.

Lors d'un point de presse mardi à Kinshasa, une responsable de la campagne Forêt à Greenpeace Afrique avait fait savoir que l'ONG soupçonnait l'actuel ministre, Robert Bopolo, d'avoir "cautionné ces contrats illégaux", dans la perspective de la levée du moratoire.

Début mars, M. Bopolo avait déclaré que les autorités congolaises envisageaient de rouvrir le dossier de la fin du moratoire dans l'intérêt financier de la RDC, qui fait face à l'effondrement de ses recettes provenant de l'exportation des minerais.

Toutefois, M. Bopolo a précisé mercredi à l'AFP que "toutes les conditions ne sont pas encore réunies pour lever le moratoire".

La RDC abrite plus de 60% des forêts denses du Bassin du Congo, deuxième massif forestier tropical de la planète après l'Amazonie, avec une biodiversité très riche. Le pays possède ainsi la deuxième forêt tropicale primaire de la planète, avec 86 millions d'hectares dont près de 60 potentiellement exploitables.

En 2002, la RDC avait adopté le Code forestier, et décrété un moratoire dans l'attribution de nouvelles licences d'exploitation forestière industrielle, en vue de mettre de l'ordre dans le secteur.

Un processus de révision de la légalité des contrats détenus par des exploitants forestiers avait été lancé en 2005 avec le concours de la Banque mondiale, et avait été clôturé en 2014, par la reconnaissance de 80 concessions.

Avec AFP

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