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Pretoria insiste pour interdire le commerce intérieur de corne de rhinocéros


La carcasse d'un des huit rhinoceros tué par des braconniers pres de Tantanana, Afrique du Sud le 22 novembre 2012.

La carcasse d'un des huit rhinoceros tué par des braconniers pres de Tantanana, Afrique du Sud le 22 novembre 2012.

Le commerce en Afrique du Sud de la corne de rhinocéros, qui avait été validé par la justice, est de nouveau interdit après la saisine par le gouvernement de la plus haute juridiction du pays, a annoncé mercredi le ministère de l'Environnement.

"La ministre de l'Environnement Edna Molewa a fait appel auprès de la Cour constitutionnelle au sujet de la question du moratoire sur le commerce intérieur de corne de rhinocéros", a indiqué son ministère dans un communiqué.

Cette décision du gouvernement "suspend" la dernière décision de la justice sud-africaine de lever le moratoire, a ajouté la même source.

Il s'agit d'un énième rebondissement dans une bataille judiciaire qui oppose depuis des mois le gouvernement sud-africain à des éleveurs de rhinocéros favorables à la levée du moratoire.

En novembre 2015, un tribunal avait donné raison à des éleveurs de rhinocéros qui souhaitaient pouvoir vendre la corne de ces animaux sur le territoire sud-africain.

Le gouvernement avait fait appel de cette décision, mais fin mai la Cour suprême l'avait jugé irrecevable, confirmant de fait l'autorisation de la vente de corne de rhinocéros sur le territoire national.

Le débat entre opposants et partisans de la légalisation fait rage en Afrique du Sud, qui abrite 80% de la population mondiale de rhinocéros et où le braconnage a explosé ces dernières années.

En 2014, le pays a enregistré le pire massacre de son histoire avec 1.215 rhinocéros tués, la plupart dans le célèbre parc Kruger (nord-est). Ce trafic alimente un marché clandestin de la médecine traditionnelle asiatique, notamment au Vietnam et en Chine, où l'on prête des vertus thérapeutiques - non prouvées scientifiquement - à la poudre de corne.

Les éleveurs de rhinocéros estiment que l'interdiction du commerce ne fait qu'alimenter le braconnage et assurent pouvoir répondre à la demande asiatique immédiate en fournissant des cornes de rhinocéros qui n'auront pas été tués.

Les éleveurs la coupent avec une scie, une procédure indolore pour l'animal qui est anesthésié pendant une quinzaine de minutes. La corne repousse une fois qu'elle a été coupée correctement.

Fin avril, le gouvernement sud-africain a annoncé qu'il ne proposerait pas de lever le moratoire international sur le commerce de corne de rhinocéros, lors de la réunion mondiale de la Convention sur le commerce d'espèces sauvages menacées (Cites) qui se tiendra à Johannesburg du 24 septembre au 5 octobre.

Avec AFP

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