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Plusieurs "défaillances de sécurité" à l'origine de la catastrophe ferroviaire au Cameroun


Des voitures, en pièces détachées, du train qui a déraillé à Eseka, sur le parcours entre Douala et Yandoué, Cameroun, 22 octobre 2016.

Des voitures, en pièces détachées, du train qui a déraillé à Eseka, sur le parcours entre Douala et Yandoué, Cameroun, 22 octobre 2016.

"Plusieurs défaillances de sécurité" sont à l'origine du déraillement du train Yaoundé-Douala qui a fait 79 morts et quelque 600 blessés le 21 octobre au Cameroun.

Il s'agit d'une catastrophe "largement prévisible", selonla chaîne de télévision française France 24.

Le 21 octobre, un train bondé parti de Yaoundé pour la métropole portuaire de Douala avait déraillé à hauteur de la ville d'Eséka (centre).

"Le matin même du drame, une inspection sur le train faisait déjà état d'un manque de freinage sur la locomotive et d'une usure complète des semelles de frein", ajoute France 24.

"D'après un document interne que nous nous sommes procurés, la rame était composée de dix-sept wagons pesant 675 tonnes. Or, selon les propres instructions de l'opérateur ferroviaire Camrail, la charge d'un train voyageurs ne pouvait excéder 650 tonnes", selon la même source.

Le conducteur "a donc dû obtenir (un) ordre spécial de sa hiérarchie pour quitter la gare en surcharge", assure France 24.

"Huit wagons supplémentaires ont été rajoutés à la hâte le matin du drame", rappelle la même source, ajoutant qu'il s'agissait de "huit voitures de fabrication chinoise (...) dépourvues d'un système de freinage adéquat".

Cette version s'est propagée dans le pays peu après la catastrophe.

"C'est le système de freinage (qui) est à l'origine de ce drame", a renchéri un expert ferroviaire, Benoît Essiga, interrogé par France 24. "C'est (le système de freinage) qui a provoqué l'excès de vitesse qu'on a observé", a ajouté M. Essiga.

D'après lui, l'endroit où s'est produit l'accident "devait être traversé à 40 km/h et, malheureusement, la rame est arrivée à 96 km/h".

Au moins 28 familles de victimes ont déposé plainte au Cameroun, notamment contre Camrail et ses dirigeants.

La plainte vise Camrail, filiale du groupe français Bolloré, ses dirigeants et le conducteur du train, selon un collectif d'avocats défendant les victimes.

Camrail appartient à 77,4% à SCCF (Groupe Bolloré), 13,5% à l'Etat camerounais, 5,3% à Total Cameroun et 3,8% à SEBC (Groupe Thanry).

Le président Paul Biya a formé le 25 octobre une commission d'enquête gouvernementale et a fixé un délai de 30 jours pour rendre sa copie. Une enquête judiciaire a été aussi ouverte.

Avec AFP

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