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Un dignitaire soufi inculpé du meurtre de 20 fidèles au Pakistan


Des policiers devant une mosquée de Lahore.

Le gardien d'un sanctuaire soufi du centre du Pakistan a été inculpé pour homicide et terrorisme après le meurtre à coups de couteaux et de bâtons de 20 fidèles durant le week-end, a annoncé lundi la police.

Abdul Waheed, "pir" du sanctuaire -- gardien et successeur spirituel du saint qui y est enterré, Mohammad Ali-- a été écroué, ainsi que deux des trois complices présumés également mis en examen, a précisé un responsable de la police locale, Nusrat Ali.

Le gardien a déclaré à la police avoir tué les fidèles par crainte qu'ils ne l'assassinent un jour, a fait savoir un enquêteur.

Selon plusieurs responsables locaux, M. Waheed, 50 ans, souffrait de problèmes psychologiques et avait l'habitude d'être violent avec les fidèles. La police a néanmoins assuré lundi n'avoir jamais reçu de plaintes.

De son côté, la police scientifique cherchait à établir si les victimes avaient été droguées avant d'être tuées. Certaines des victimes ont été retrouvées nues.

Un responsable des services locaux de secours avait indiqué dimanche que Abdul Waheed rencontrait une ou deux fois par mois les fidèles et utilisait régulièrement des procédés violents pour "soigner" leurs maux.

La piste de la lutte de succession au sein de ce sanctuaire, établi en 2015 à Sargodha, dans la province du Pendjab, est également à l'étude, selon un officier de police local, Shamshir Joya.

Selon lui, le fils de Mohammad Ali, le premier saint à qui est dédié le sanctuaire, ainsi que des membres de la famille propriétaire du terrain, font partie des victimes.

Les adeptes pakistanais du soufisme croient que les pirs, qu'ils considèrent comme des saints vivants, intercèdent auprès de Dieu pour eux. Aucune famille des victimes n'a pour le moment souhaité porter plainte selon lui.

Cette branche mystique de l'islam compterait plusieurs millions d'adeptes au Pakistan, mais elle a été supplantée ces dernières décennies par des versions plus conventionnelles, voire fondamentalistes, de la religion.

Les soufis sont jugés hérétiques par des mouvements comme les talibans ou le groupe djihadiste Etat islamique (EI), qui ont déjà pris pour cible des sanctuaires soufis ces dernières années.

En février, un attentat-suicide en pleine cérémonie dans le sanctuaire soufi de Lal Shabaz Qalanadr à Sehwan (sud), revendiqué par l'EI, avait fait au moins 90 morts et des centaines de blessés.

Avec AFP

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