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Nord-est du Nigeria: combats intenses entre Boko Haram et la force militaire régionale


Des membres de l'armée nigériane tiennent le drapeau de Boko Haram à Damasak, Nigeria, le 18 mars 2015.

Des membres de l'armée nigériane tiennent le drapeau de Boko Haram à Damasak, Nigeria, le 18 mars 2015.

L'armée nigériane a annoncé mercredi avoir libéré une ville sous contrôle du groupe jihadiste Boko Haram sur les berges du lac Tchad, dans le nord-est du pays, après des affrontements violents avec les combattants islamistes.

De son côté, Boko Haram a affirmé avoir tué plusieurs dizaines de soldats, selon un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux.

Le porte-parole de l'armée nigériane Sani Usman a annoncé dans un communiqué que ses troupes, appuyées par la Force d'intervention conjointe multinationale (MNJTF) et un raid aérien, ont "pris le contrôle de (la ville de) Malam Fatori (...) après des combats féroces".

Les combattants de Boko Haram se sont ensuite repliés près de la frontière avec le Niger, a-t-il précisé. Selon lui, de nombreux combattants du groupe jihadiste ont été tués dans ces combats, sans en spécifier le nombre.

Située dans l'Etat du Borno et à la frontière avec le Niger, Malam Fatori avait été libérée une première fois en mars 2015 lors d'une contre-offensive de la MNJTF contre l'avancée de Boko Haram, qui avait conquis une large partie du territoire dès 2014. La MNJTF est composée de troupes du Nigeria, Cameroun, Tchad, Niger et Bénin. Mais les jihadistes avaient occupé à nouveau la ville peu après le départ de l'armée.

Boko Haram, qui a prêté allégeance au groupe Etat islamique (EI) en mars 2015, a affirmé que ses combattants, "les cavaliers du Califat", ont attaqué la force armée régionale, entraînant "la mort de plus de 40 soldats" et faisant "des dizaines de blessés" parmi les militaires, selon le communiqué.

Il n'était pas possible de vérifier de source indépendante les bilans donnés par l'armée et Boko Haram.

Une grande partie de l'Etat du Borno est toujours inaccessible. En outre, le nombre croissant d'attaques du groupe dans le sud du Niger ces dernières semaines démontre, selon des experts, que le groupe s'est regroupé autour du lac Tchad et semble avoir changé de stratégie.

Début août, l'EI a désigné Abou Mosab Al Barnaoui comme nouveau chef à la tête du groupe nigérian, remplaçant de fait Abubakar Shekau. Shekau pourtant affirme qu'il est toujours à la tête de Boko Haram, créant de vives divisions entre les deux factions.

Barnaoui a notamment critiqué Shekau pour les violences infligées aux civils, musulmans dans leur immense majorité.

Selon des analystes sécuritaires, cette division pourrait entraîner un changement des modes d'actions du groupe - qui jusqu'à présent perpétrait de nombreux attentats dans les marchés, les villages ou les mosquées - et qui pourrait désormais se concentrer principalement sur des cibles militaires et fédérales.

Avec AFP

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