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Au Niger, un collectif d’ONG dénonce l’expropriation des terres au profit d'une société saoudienne


Moussa Tchangari, secrétaire général de l'association Alternatives Espaces Citoyens, à Diffa, Niger, 1er septembre 2016. (VOA/Abdoul Razak Idrissa)

Moussa Tchangari, secrétaire général de l'association Alternatives Espaces Citoyens, à Diffa, Niger, 1er septembre 2016. (VOA/Abdoul Razak Idrissa)

Un collectif d'organisations de la société civile nigérienne demande aux autorités nigériennes d’arrêter le processus d’attribution des terres à Niger Rivers , une des succursales de la société saoudienne Al-Horaish.

Niger Rivers veut réaliser un projet de mise en valeur des terres agricoles et pastorales. Cette succursale nigérienne de la société saoudienne Al-Horaish s'est, dans un premier temps, intéressée aux terres du bassin du Lac Tchad dans sa partie nigérienne, selon le document du projet qui s'étend sur 120 000 hectares.

Le projet a obtenu déjà l'aval du Conseil régional de Diffa.

Les élus locaux ont également donné leur aval, mais le gouvernement temporise et les organisations de la société civile crient à l'accaparement des terres agricoles. Le projet fait polémique.

Pour Mairou Malla Ligari, président Conseil régional de Diffa, "le projet de Niger Rivers comprend d’abord un projet de 50.000 hectares dans la première phase des dix premières années. C'est un projet d'intérêt général même si quelques villages vont être déplacés. Même s'il y a une perte de richesse immédiate, ce que les gens n’ont compris malheureusement, ce sont les potentialités de ce projet. Cela va être un eldorado. Pas pour la région de Diffa seulement, mais tous les Nigériens irons travailler là-bas", affirme Mairou Malla Ligari.

Pour l'instant, selon des sources concordantes, le gouvernement a demandé aux deux parties de sursoir à une quelconque signature qui matérialiserait le projet.

Un collectif d'organisations de la société civile demande aux autorités nigériennes d'aller plus loin en faisant simplement arrêter le processus.

"Bien sûr, on parle de 10.000 emplois d’ouvriers agricoles qui seront engagés, mais de l’autre part ça impacter d’autres activités paysannes, à savoir l’élevage qui est une activité-phare de la région. Les gens vont manquer d’espace et les gens vont perdre leurs champs. En fait, c’est projet fou", se plaint Moussa Tchangari, secrétaire général de l'association Alternatives Espaces Citoyens une de ses organisations.

Le collectif d'organisations de la société civile se dit convaincu que la société va chercher à acquérir d'autres terres agricoles pas seulement dans le lit du Lac Tchad, mais également autour du fleuve Niger. Moussa Tchangari appelle à une grande vigilance contre l’accaparement des terres agricoles par des investisseurs étrangers.

Reportage d’Abdoul-Razak Idrissa à Niamey

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