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Boris Johnson veut repousser les bateaux de migrants vers la Libye


Jeune garçon sur une embarcation en bois transportant plus de 700 migrants, vers Sabratha, Libye, le 29 août 2016.

Jeune garçon sur une embarcation en bois transportant plus de 700 migrants, vers Sabratha, Libye, le 29 août 2016.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, s'est déclaré jeudi favorable à l'idée de "repousser" les bateaux de migrants vers la Libye "afin qu'ils n'atteignent pas l'Italie", une mesure qui aurait selon lui un "effet dissuasif".

Dans le même temps, le navire britannique Enterprise, engagé dans l'opération navale européenne anti-passeurs Sophia au large de la Libye, a participé jeudi à des opérations de secours au cours desquelles 750 migrants ont été sauvés, selon les gardes-côtes italiens.

Depuis le début de l'année, plus de 129.000 migrants sont arrivés sur les côtes italiennes, soit 5% de plus qu'en 2015, selon le ministère italien de l'Intérieur.

Mais à bord des embarcations de fortune des migrants, les émanations de carburant, l'hypothermie et la déshydratation tuent en effet régulièrement, même après moins de 12 heures en mer: jeudi, l'Enterprise a retrouvé un cadavre sur l'un des canots.

Face à cette situation, "nous sommes déterminés au Royaume-Uni à aider l'Italie, nous reconnaissons que c'est un problème européen", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue italien, Paolo Gentiloni, à Florence.

"Nous voyons notre part de travail" avec la participation de l'Enterprise et du Diamond dans l'opération Sophia "pour aider à repousser certains de ces bateaux. Je pense personnellement qu'ils devraient être repoussés aussi près de la côte que possible afin qu'ils n'atteignent pas l'Italie" et que l'opération ait "plus un effet dissuasif", a ajouté M. Johnson.

Les navires de l'opération Sophia sont habilités à arraisonner les bateaux de passeurs qui s'aventureraient dans les eaux internationales, ce qui n'arrive jamais, et se retrouvent souvent engagés dans des opérations de secours.

Depuis quelques semaines, l'opération Sophia est également chargée de former et équiper les gardes-côtes libyens, qui interceptent régulièrement des embarcations de migrants avant qu'elles n'atteignent les eaux internationales.

M. Gentiloni a pour sa part répété que la question devait être considérée non pas "comme un problème italien mais comme un problème européen", en notant qu'elle serait abordé vendredi au sommet informel de l'UE vendredi à Bratislava.

Depuis 2014, l'Italie a vu débarquer plus de 450.000 migrants sur ses côtes. Si nombre d'entre eux ont poursuivi leur route vers le nord ces dernières années, la fermeture de facto des frontières et l'échec du programme de relocalisations maintient désormais les nouveaux arrivés dans la péninsule.

Et dans une interview jeudi au quotidien italien La Stampa, l'émissaire de l'ONU en Libye, Martin Kobler, a affirmé qu'il y avait actuellement dans le pays plongé dans le chaos au moins 235.000 migrants prêts à embarquer pour l'Italie.

Avec AFP

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