Liens d'accessibilité

Le Pentagone frappe le groupe Etat islamique à Syrte


Les forces armées libyennes combattent les combattants de l'État islamiste, à Syrte, en Libye, le 19 juillet 2016.

Les forces armées libyennes combattent les combattants de l'État islamiste, à Syrte, en Libye, le 19 juillet 2016.

Les Etats-Unis ont annoncé lundi avoir mené leurs premières frappes contre le groupe Etat islamique (EI) dans son bastion de Syrte, en Libye, précisant que ces raids avaient été conduits à la demande du gouvernement d'union libyen et qu'il n'y aura aucun soldat américain au sol.

"A la demande du gouvernement d'union nationale (GNA) libyen, les forces armées des Etats-Unis ont conduit des frappes précises contre des cibles de l'EI à Syrte en Libye", a indiqué dans un communiqué le porte-parole du Pentagone Peter Cook, quelques minutes après que le chef du GNA, Fayez al-Sarraj, eut annoncé ces raids à la télévision en précisant qu'ils avaient "infligé de lourdes pertes" aux jihadistes.

Le dirigeant libyen avait affirmé que ces opérations avaient "infligé de lourdes pertes" aux jihadistes.

Les frappes sur le fief des islamistes armés à Syrte, à 450 km à l'est de Tripoli, "vont se poursuivre", a ajouté le porte-parole de la Défense américaine.

De son côté, un responsable de la Maison Blanche a expliqué que le président Barack Obama avait "autorisé les forces armées américaines à effectuer des frappes en appui aux forces du gouvernement d'union nationale et à la demande du Premier ministre Fayez al-Sarraj".

"A la demande du GNA"

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est livrée aux milices armées et minée par des luttes de pouvoir et des violences qui ont favorisé la montée en puissance des jihadistes de l'EI. Deux gouvernements se disputent le pouvoir, le GNA basé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale et un cabinet parallèle installé dans l'est.

"Nous avons demandé l'appui à la communauté internationale, notamment celui des Etats Unis, mais nous souhaitons affirmer qu'il n'y aura aucune présence étrangère sur le sol libyen", a encore déclaré lundi le chef du gouvernement libyen, rappelant que "toute aide doit être effectuée à la demande directe du GNA".

Aucun soldat américain "ne participera aux opérations terrestres du GNA", a assuré le responsable de la Maison Blanche, et l'aide des Etats-Unis au pouvoir libyen dans sa lutte contre l'EI "se limitera aux frappes et au partage de renseignements".

Faisant allusion à un récent différend avec Paris, le chef du gouvernement a par ailleurs souligné qu'"aucune action ne sera tolérée au profit d'une partie non légitime, même si elle intervient dans le cadre de la lutte antiterroriste".

Fin juillet, le GNA avait accusé la France de "violation" de son territoire, après l'annonce par Paris de la mort de trois de ses militaires qui menaient une mission de renseignement auprès des forces conduites par le général Khalifa Haftar qui soutient une autorité non reconnue par la communauté internationale.

Syrte est considérée comme l'un des principaux bastions de l'EI en dehors de la Syrie et l'Irak. Il y aurait entre 2.000 à 5.000 combattants de l'EI dans différentes villes de Libye, selon un rapport présenté le mois dernier par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon au Conseil de sécurité.

Les Etats-Unis ont déjà mené plusieurs raids ciblés contre l'EI en Libye.

En novembre dernier, un bombardement mené par des F-15 avait tué le jihadiste irakien Abou Nabil, présenté alors par Washington comme "le plus haut responsable de l'EI en Libye". Et trois mois plus tard, en février, un raid aérien a touché un bâtiment abritant des jihadistes à Sabrata, à 70 km à l'ouest de Tripoli, faisant une cinquantaine de morts.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG