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Les militaires arrêtés sont libérés au compte-gouttes au Tchad


La vague d'arrestation de militaires au Tchad est vivement critiquée à N’Djamena. (VOA/André Kodmadjingar)

La vague d'arrestation de militaires au Tchad est vivement critiquée à N’Djamena. (VOA/André Kodmadjingar)

L’arrestation des militaires au Tchad après le scrutin présidentiel du 10 avril 2016 défraye la chronique à N’Djamena. Notre correspondant André Kodmadjingar est sur place.

Arrêté et séquestré à la présidence pendant 3 mois et demi, le responsable de la coordination de transmission de la défense délégué à la présidence de la république vient d’être libéré sans autre forme de procès.

Le commandant Manayal Nadjita a été arrêté le 10 mai dernier à la veille de son évacuation sanitaire sur instruction du directeur des renseignements militaires.

Les autorités lui reproche de de s'être infiltré dans le cortège présidentiel, de trouble l’ordre public et d'espionnage à la solde des candidats de la dernière élection présidentielle.

Pourtant victime d’un accident cardiovasculaire, le commandant Nadjita n’a reçu aucune visite, ni de sa famille, ni de son médecin traitant, durant toute la période de sa détention.

Libéré le 30 août sans procès, il respire difficilement et évite tout contact selon son entourage. Le président du CAP/SUR, Joseph Djimrangar Danadji, s'est dit surpris des motifs évoqué pour arrêter le commandant Manayal Nadjita.

Pour le président d’honneur de la Ligue tchadienne des droits de l’homme et représentant de la FIDH auprès de la CEMAC, Dobian Assignar, le cas de ce commandant doit être dénoncé.

"C'est un cas que nous avons enregistré et cela fait partie des dossiers que nous gérons. Ils l'ont gardé pendant trois mois et séquestré, injustement, et on s'est rendu compte qu'il n'avait rien fait. On l'a libéré sans procès, il faut contre-attaquer à nouveau", explique-t-il.

Dobian Assingar déclare par ailleurs que l’arrestation du commandant Manayal Nadjita rentre dans la catégorie des militaires qui ont été arrêté et séquestré après le scrutin présidentiel du 10 avril dernier.

Il souligne que les organisations de la société civile ne vont pas laisser tomber cette affaire même si le procureur a classé ce dossier sans suite. Car pour lui, ce n’est pas une " science-fiction mais une histoire réelle, qui s'est passé dans ce pays où plus d'une soixantaine de militaires ont été séquestrés, déportés et torturés sous prétexte qu'ils ont voté pour l'opposition".

Dobian Assingar prévient : "si le pouvoir persiste, nous sortirons tous les témoignages ainsi que la liste de ceux qui ne sont pas encore revenus".

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