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L'opposition appelle à une journée ville morte à l'occasion de l'investiture du président Déby au Tchad


La marche pacifique prévue dimanche par le FONAC n'a pas eu lieu ; le gouvernement a déployé tout un arsenal de guerre pour empêcher les militants de sortir. (VOA/André Kodmadjingar)

La marche pacifique prévue dimanche par le FONAC n'a pas eu lieu ; le gouvernement a déployé tout un arsenal de guerre pour empêcher les militants de sortir. (VOA/André Kodmadjingar)

Un jeune Tchadien a été tué par balle alors qu'il manifestait à N'Djamena à l'appel de l'opposition, un rassemblement interdit par le pouvoir.

Le chef de file de l'opposition, Saleh Kebzabo, a affirmé que le jeune avait succombé à ses blessures après "des tirs à balles réelles des forces de l'ordre" pour disperser les manifestants.

L'opposition, qui doit se réunir dans la journée, a maintenu lundi sa journée "ville morte", non-interdite par le pouvoir contrairement à la marche de dimanche et à un meeting samedi.

Elu dès le premier tour face aux 12 autres candidats en lice, Idriss Déby Itno sera investi ce lundi 8 août pour un 5e mandat consécutif.

Une investiture sur fond de crise politique, car elle est perturbée par une série des manifestations initiées ce week-end par le Front de l’Opposition Nouvelle pour l’Alternance et le Changement (FONAC) pour dire non à l’élection du président Déby au premier tour.

Pour contenir ce mouvement d’humeur, le gouvernement a déployé tout un arsenal de guerre. Un militant qui a été atteint par balle réelle a succombé quelques minutes plus tard dans un hôpital de la place.

L'investiture a débuté ce lundi 8 août

La cérémonie d'investiture du président tchadien Idriss Deby Itno pour un cinquième mandat, après sa réélection contestée par l'opposition, devait commencer lundi matin en présence de nombreux chefs d'Etats africains dans un climat de tension au lendemain de la mort d'un manifestant.

La cérémonie d'investiture du président du Tchad Idriss Deby Itno pour un cinquième mandat de cinq ans a commencé en présence de 14 chefs d'Etats africains lundi à N'Djamena dans un climat tendu au lendemain de la mort d'un manifestant.

M. Deby, 64 ans, arrivé au pouvoir par la force en 1990, a fait son entrée à 12h50 (11h50 GMT) dans l'auditorium d'un grand hôtel où il devait prêter serment devant des dizaines d'invités dont 14 chefs d'Etat africains, a constaté l'AFP.

L'opposition, qui conteste sa réélection dès le 1er tour en avril, a de son côté maintenu une opération journée "ville morte" dans les rues de la capitale, a-t-elle indiqué à l'AFP.

Parmi les invités de M. Deby, figuraient notamment Muhammadu Buhari (Nigéria) et Mahamadou Issoufou (Niger), engagés avec N'Djamena dans la lutte contre le groupe jihadiste nigérian Boko Haram dans la région du lac Tchad.

Etaient également présents à N'Djamena Ibrahim Boubacar Keita (Mali), Roch Marc Christian Kaboré (Burkina Faso) et Mohamed Ould Abdel Aziz (Mauritanie), alliés du Tchad, du Niger et de la France au sein de l'opération militaire Barkhane contre les groupes jihadistes au Sahel.

La cérémonie d'investiture devait ensuite être marquée par 21 coups de canon, selon l'Office national de radio télévision (ONRTV), qui a sorti les grands moyens pour couvrir l'arrivée des avions présidentiels à l'aéroport, ne mentionnant les contre-rassemblements de l'opposition qu'au détour du commentaire d'un consultant.

L'opposition conteste la réélection de M. Deby au premier tour en avril avec près de 60% des voix, loin devant son premier poursuivant, Saleh Kebzabo (12,77%).

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