Liens d'accessibilité

Les étudiants manifestent au Tchad contre la suppression des bourses d'études


Des manifestants anti-gouvernement à N'Djamena le 5 avril 2016.

Des manifestants anti-gouvernement à N'Djamena le 5 avril 2016.

Réunis dans l’enceinte de la faculté Ardep Djoumal à Ndjamena, ils étaient "sous l’emprise de la colère" après avoir appris que la réunion avec le Premier ministre était reporté, a dit à VOA Afrique le président de l’UNET, Barka Le Roi Manamon Matkissam.

Dispersés en petits groupes, des étudiants se sont lancés dans des courses-poursuites avec la police antiémeute dans le dédale des ruelles de certains quartiers de la capitale N'Djamena ce lundi, caillassant sur leur passage des véhicules portant des plaques administratives.

Les abords des lycées, de l'université et de certains carrefours étaient quadrillés par la police et la gendarmerie afin d'empêcher tout regroupement.

Joint par VOA Afrique le jour de la mobilisation estudiantine, le président de l’Union nationale des étudiants tchadiens (UNET), Barka le Roi Manamon Matkissam, a déclaré qu’il y a eu des débordements -y compris en province- lorsque les étudiants ont appris le report sine die de la rencontre prévue ce matin avec le Premier ministre.

«(…) une fois arrivés dans la salle de la réunion, quelques minutes après, son protocole nous fait croire que le premier ministre est convié à une autre rencontre du genre, et il ne sait pas à quelle heure il va finir, donc l’audience avec l’UNET est reportée à une date ultérieure», a-t-il dit, ajoutant qu’il y a eu une dizaine d’arrestations selon les messages reçus.

«(…) même les chiens policiers ne sont pas restés dans leurs casernes. Partout, il y a avait la police qui pourchassait les étudiants dans les quartiers, et nos locaux ont été aussi encerclés par la police», a indiqué Barka Le Roi Manamon Matkissam.

La contestation continuera cette semaine, a-t-il précisé à VOA Afrique :«Aujourd’hui même au sortir de la primature, nous avons introduit auprès du ministère de l’intérieur une demande de marche pacifique que nous comptons organiser mercredi sur toute l’étendue du territoire pour demander que nos revendications puissent être prises en compte.»

Depuis le 15 septembre, date de rentrée scolaire officielle au Tchad, élèves et étudiants ont empêché la tenue des cours dans les établissements publics dans tout le pays. Lycées et collèges publics sont eux aussi restés fermés, de nombreux enseignants réclamant le paiement d'arriérés de salaires.

Les étudiants protestent contre la "suppression" de leurs bourses d'études par le gouvernement, qui fait partie des 16 mesures d'austérité prises en conseil extraordinaire des ministres début septembre, moins d'un mois après l'investiture du président Idriss Deby Itno pour un cinquième mandat.

Les mesures prévoient "la révision des critères d'attribution des bourses des étudiants, la réduction de la taille des organigrammes des ministères, et la réduction de 80% des indemnités" de toutes les personnes nommées par décret à des postes de responsabilité, avait alors détaillé la ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Madeleine Alingue.

L'objectif est "la réduction des charges publiques, l'amélioration de l'efficacité de la dépense publique et du rendement des services de l'Etat et enfin l'accroissement des recettes publiques", avait expliqué la ministre.

Le Tchad, pays de quelque 10 millions d'habitants, figure parmi les plus pauvres du monde. Ce producteur de pétrole traverse actuellement de grandes difficultés économiques à cause de la chute des cours du baril.

Le pays fournit également un important effort de guerre contre les groupes jihadistes dans la région avec ses alliés africains et la France.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG