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Le président philippin compare sa lutte contre la drogue à l’extermination des juifs par Adolf Hitler


Le président philippin Rodrigo Duterte, le 25 août 2016. (AP/Bullit Marquez)

Le président philippin Rodrigo Duterte, le 25 août 2016. (AP/Bullit Marquez)

Le président Rodrigo Duterte a fait vendredi un parallèle entre sa sanglante guerre contre la criminalité et l'extermination des juifs par Adolf Hitler, en disant qu'il serait "heureux de massacrer" des millions de drogués.

L'avocat populiste de 71 ans, connu pour son langage ordurier, a également taxé d'"hypocrites" les Etats-Unis et l'Union européenne qui ont critiqué sa violente campagne contre le trafic de drogue.

"Hitler a massacré trois millions de juifs. Bon, il y a trois millions de drogués (aux Philippines). Je serais heureux de les massacrer", a affirmé le chef de l’Etat philippin lors d'un discours vendredi matin, avançant un chiffre faux sur le nombre de juifs assassinés par les nazis, qui s'élève à six millions.

M. Duterte a remporté la présidentielle en mai sur un programme ultrasécuritaire qui l'a vu promettre de tuer des milliers de criminels pour en finir avec le trafic de drogue, un des grands fléaux de son archipel.

Depuis son investiture le 30 juin, plus de 3.300 personnes ont perdu la vie, l'immense majorité tuée par des civils encouragés par la rhétorique incendiaire du président les appelant à faire justice eux-mêmes.

De nombreuses organisations des droits de l'Homme et des gouvernements occidentaux sont montés au créneau pour la dénoncer.

En réaction aux critiques, M. Duterte a multiplié les diatribes insultantes contre l'ONU et l'Union européenne. Il a également traité le président américain Barack Obama de "fils de pute".

Jusqu'à l'arrivée au pouvoir de M. Duterte, les Philippines, ancienne colonie américaine, étaient l'un des alliés les plus fidèles de Washington en Asie. Les deux pays sont liés par un traité de défense mutuelle.

Vendredi, le président philippin s'en est pris à l'UE et aux Etats-Unis, en dénonçant leur inaction dans la crise des migrants fuyant le Proche-Orient.

"Vous les USA et l'UE, vous pouvez me qualifier comme vous le voulez, mais je n'ai jamais versé comme vous dans l'hypocrisie", a-t-il dit.

"Les migrants fuient le Proche-Orient. Vous les laissez pourrir et vous vous inquiétez de la mort de 1.000, 2.000, 3.000 personnes ?"

Avec AFP

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