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Philippines: le président Duterte "n'a pas peur des droits de l'homme"


Le  Président de Philippines Rodrigo Duterte parle l'intérieur d'une base aérienne militaire à Angeles City, à l'est de Manille, en Philippines le 5 Juillet 2016. EPA / FRANCIS R. Malasig

Le  Président de Philippines Rodrigo Duterte parle l'intérieur d'une base aérienne militaire à Angeles City, à l'est de Manille, en Philippines le 5 Juillet 2016. EPA / FRANCIS R. Malasig

Le président philippin Rodrigo Duterte a déclaré que les droits de l'homme et l'application de la loi n'avaient rien à faire dans sa guerre controversée contre la drogue, se comparant à l'ancien dictateur ougandais Idi Amine Dada.

Estimant que l'archipel était en passe de devenir un narco-Etat, l'avocat de 71 ans a promis, dans une diatribe prononcée dimanche soir, de faire tuer des milliers de criminels.

"Je n'ai pas peur des préoccupations relatives aux droits de l'homme. Je ne vais pas permettre que mon pays dégénère", a-t-il martelé.

"Je partirai à la retraite avec la réputation d'Idi Amin", a-t-il lancé en référence au dictateur ougandais dont le régime (1971-1979) fut marqué par une répression aveugle, avec la mort de 300.000 à 500.000 Ougandais.

Le nouveau chef de l'Etat philippin est critiqué par les défenseurs des droits de l'homme dans l'archipel et ailleurs pour sa campagne féroce de lutte contre la criminalité, qui a débouché sur une hausse des meurtres extrajudiciaires. Dimanche soir, il a balayé les reproches de ces "coeurs sensibles".

Parallèlement, lundi, la police a dévoilé son projet d'installer un panneau électronique devant son quartier général de Manille en vue d'afficher le nombre d'arrestations et de meurtres de suspects. Celui-ci devrait être prêt en septembre.

Selon un décompte de la chaîne philippine ABS-CBN compilé à partir de rapports de la police et d'informations de presse, 408 personnes "liées à la drogue" ont été abattues par les forces de l'ordre ou des milices, entre le 10 mai et le 15 juillet.

Des milliers de trafiquants et de consommateurs se sont également rendus à la police lundi à Tanauan, à 60 kilomètres de Manille. Ce type de reddition de masse s'est reproduit à plusieurs reprises ces derniers jours.

Un ancien drogué a expliqué lundi à l'AFP s'être rendu lors d'une opération de ce genre après que deux amis eurent été retrouvés morts. "Je pourrais être tué. Ca m'a vraiment fait peur".

Rodrigo Duterte a remporté une victoire écrasante à la présidentielle de mai après une campagne sécuritaire outrancière.

Avec AFP.

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