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Le parti de Blaise Compaoré dénonce "répression" et "acharnement" du régime Kaboré


Blaise Compaoré, ancien président du Burkina Faso, 18 septembre 2012.

Blaise Compaoré, ancien président du Burkina Faso, 18 septembre 2012.

Le Congrès pour la démocratie et le progrès a annoncé le report sine die de son congrès extraordinaire prévu samedi, s'estimant victime de "répression" et "d'acharnement" du régime du président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré.

Le bureau exécutif national "a estimé nécessaire de reporter le congrès sine die. Nous ne pouvons pas tenir un congrès dans un tel contexte d'insécurité et de répression, pendant que certains de nos camarades sont interpellés et embastillés", selon un communiqué signé du président par intérim du parti, Achille Marie Joseph Tapsoba.

"Nous dénonçons avec véhémence l'acharnement avec lequel le gouvernement du MPP (Mouvement du peuple pour le progrès - au pouvoir) s'en prend à nos militants et les intimide. Notre parti évolue dans un climat sécuritaire délétère qui nous empêche de tenir sereinement nos activités", accuse le CDP, l'ancien parti de Compaoré, chassé le 31 octobre 2014 par les manifestants après 27 ans au pouvoir.

"Certains de nos camarades sont interpellés et incarcérés. Il s'agit notamment des anciens ministres du dernier gouvernement du président Blaise Compaoré, dont Luc Adolf Tiao, Premier ministre, et des cadres du parti".

"Ces arrestations ont pour but manifeste de créer un climat d'instabilité voire de psychose au sein du parti dans l'objectif de nous empêcher de tenir notre congrès dans un climat serein et de pouvoir renouveler nos structures".

De nombreux cadres et leaders du CDP sont incarcérés ou poursuivis en justice pour des cas présumés de "détournements de deniers publics" de "dissipation de parcelles" ou pour leur implication présumée dans le putsch manqué de septembre 2015 mené par le Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l'ancienne garde prétorienne de M. Compaoré.

Luc Adolphe Tiao a été inculpé et écroué la semaine dernière pour son rôle présumé dans les tueries liées aux manifestations ayant mis fin au régime Compaoré.

Tous les 32 ministres de son gouvernement ont été mis en accusation depuis juillet 2015. Seize ont été entendus par la gendarmerie agissant sur commission rogatoire de la Haute Cour de justice.

Le CDP et d'autres partis proches de l'ancien pouvoir n'avaient pas été autorisés à présenter de candidats à l'élection présidentielle de novembre 2015 qui a porté Roch Marc Christian Kaboré - un de ses anciens barons - au pouvoir. Le CDP a toutefois obtenu 18 députés au Parlement, devenant la troisième force politique du Burkina.

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