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Le leader de la contestation zimbabwéenne appelle à "continuer" la grève


Le pasteur Evan Mawarire, chef de file de la contestation citoyenne au Zimbabwe

Le pasteur Evan Mawarire, chef de file de la contestation citoyenne au Zimbabwe

Le pasteur Evan Mawarire, chef de file de la contestation citoyenne au Zimbabwe, a appelé jeudi, au lendemain de sa libération, à continuer la grève pour protester contre le régime autoritaire du président Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980.

Ce pasteur de 39 ans fait partie des organisateurs de la grève générale du 6 juillet, qui avait été bien suivie, et avait de nouveau appelé à la paralysie du pays ce mercredi et jeudi.

"La grève générale continue. Passez le message à tous ceux que vous connaissez, envoyez leur des vidéos, envoyez leur des textos ou des messages sur Whatsapp et dites leur que le pasteur a dit que la grève continuait", a-t-il déclaré dans une nouvelle vidéo postée sur Facebook.

"Envoyons ce message clair à notre gouvernement que trop c'est trop. N'oubliez pas de prier pour le Zimbabwe (...). Il y a de l'espoir en vous, de l'espoir dont le pays a besoin. Si vous ne participez pas, vous nous privez de cet espoir", a-t-il ajouté alors que la grève paraissait peu observée dans le pays.

Inconnu du grand public il y a encore quelques mois, Evan Mawarire s'est rapidement fait un nom en postant en avril une vidéo où il dénonçait l'incurie et la corruption du régime.

Il a lancé le mouvement anti-Mugabe #TheFlag (LeDrapeau), très actif sur les médias sociaux. Il a réussi à fédérer la frustration croissante de la population face à la grave crise économique dans laquelle le Zimbabwe est embourbé depuis le début des années 2000.

Environ 90% de la population active n'a pas de travail dans le secteur formel et une grave sécheresse est venue ajouter aux difficultés de la population.

Faible mobilisation

Mais la mobilisation est restée faible jeudi à Harare, tout comme la veille, ont constaté des journalistes de l'AFP. Les écoles, boutiques et bureaux étaient ouverts, à la différence de la grève générale de la semaine dernière, la première depuis de nombreuses années.

Le ministre de l'Intérieur, Ignatius Chombo, avait mis en garde quiconque participerait à la nouvelle grève "s'attirerait les foudres de la loi", dans un pays contrôlé d'une main de fer par M. Mugabe, 92 ans et plus vieux chef de l'Etat en exercice dans le monde.

Quelque 300 personnes ont été interpellées depuis la semaine dernière dans tout le pays, selon l'organisation Amnesty International.

De nombreux fonctionnaires qui avaient cessé le travail la semaine dernière ont aussi fini par recevoir leur salaire de juin.

"Nous ne haïssons pas le gouvernement sans raison. Nous voulons que vous sachiez la situation sur le terrain. Nous avons des revendications et nous demandons au gouvernement de les étudier", a encore dit le pasteur Mawarire dans sa dernière vidéo, portant autour du cou le drapeau zimbabwéen, devenu le symbole de son mouvement.

Il a lancé son appel quelques heures après avoir été libéré, mercredi soir, à la suite d'une décision de justice surprise rejetant le chef d'inculpation de tentative de renversement du gouvernement.

Au total, il a passé moins de 48 heures en détention provisoire. A sa sortie en homme libre du tribunal d'Harare, il a été accueilli par des centaines de supporters en liesse. "C'est vrai que Dieu existe", ont-ils scandé.

Avec AFP

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