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Lancement de la campagne pour les élections municipales au Mali


Ibrahim Boubacar Keïta à l'Elysée le 27 juillet 2016. (Elysee.fr)

Ibrahim Boubacar Keïta à l'Elysée le 27 juillet 2016. (Elysee.fr)

La campagne pour les élections municipales du 20 novembre au Mali a débuté vendredi dans une ambiance morose, sur fond d'incertitudes quant à la possibilité de tenir le scrutin dans tout le pays, en proie à une instabilité persistante.

Dans la capitale Bamako, aucune affiche n'était visible sur les principales artères, pour ce premier scrutin dans le pays depuis l'élection du président Ibrahim Boubacar Keïta en août 2013, ont constaté les correspondants de l'AFP.

Plus de 7,2 millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour désigner les quelque 12.000 conseillers municipaux des 703 communes du pays.

"Nous sommes fatigués de la politique. Nous ne croyons plus aux hommes politiques. D'ailleurs, j'ai décidé de ne plus voter", a confié à l'AFP Adramane Dicjko, un habitant du quartier populaire de Magnambougou, résumant un sentiment répandu.

Ce scrutin - qui aurait dû avoir lieu en 2014, constamment repoussé en raison de l'instabilité - ne devrait pas se tenir dans les cinq régions administratives du Nord, où seront prochainement mises en place des autorités intérimaires, en vertu de l'accord de paix signé en mai-juin 2015.

Le chef la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) Mahamat Saleh Annadif, a été reçu jeudi soir par le président Keïta, tandis que le Conseil de sécurité exhortait les signataires de l'accord à "prendre de toute urgence des mesures concrètes" pour son application.

"La question des autorités intérimaires est devenue pratiquement un passage obligé pour arriver aux autres phases de la mise en oeuvre de l'accord", a expliqué M. Annadif à l'issue de l'audience, citant l'organisation de patrouilles mixtes et le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des combattants des groupes armés.

"Il y a les élections qui pointent à l'horizon le 20 novembre. Nous aurions souhaité, tout simplement que concomitamment, on mette en place les autorités intérimaires là où elles doivent se mettre, et qu'on organise les élections dans de bonnes conditions", a-t-il ajouté.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Ces groupes en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes et étrangères, malgré la signature de l'accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes. Longtemps concentrées dans le Nord, les attaques jihadistes se sont étendues à partir de 2015 vers le centre, puis le sud du pays.

Avec AFP

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