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L'Ouganda envisage de retirer ses troupes luttant contre la LRA en Centrafrique


Des combattants de l'Armée de résistance du Seigneur en posture de tirs avec leurs fusils à l'intérieur de la forêt près de la rivière Mbou en République centrafricaine, 4 Avril 2012. REUTERS

Des combattants de l'Armée de résistance du Seigneur en posture de tirs avec leurs fusils à l'intérieur de la forêt près de la rivière Mbou en République centrafricaine, 4 Avril 2012. REUTERS

Pour Kampala l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) "n'est plus une menace" et le soutien de la communauté internationale n'est pas suffisant pour qu’il maintienne ses troupes en Centrafrique dans des opérations contre ses rebelles ougandais.

Le porte-parole de l'armée ougandaise, Paddy Ankunda, a annoncé que son pays envisaigeait ce retrait car ses objectifs dans la lutte contre la LRA ont été atteints.

"L'Ouganda envisage de retirer ses troupes de RCA (République centrafricaine) pour plusieurs raisons, l'une d'entre elles étant que la LRA n'est plus une menace", a déclaré à l'AFP le porte-parole de l'armée Paddy Ankunda. "Deuxièmement, le soutien international n'a pas été suffisant"

"L'Ouganda a atteint ses objectifs dans la lutte contre la LRA", a ajouté la même source. "La LRA s'est dégradée, elle n'a plus les moyens de faire la guerre".

En mars, deux ONG américaines avaient affirmé que la LRA avait enlevé plus de 200 personnes, dont une cinquantaine d'enfants, depuis le début de l'année dans l'est de la Centrafrique.

Environ 2.000 soldats ougandais, soutenus notamment par des soldats américains, sont actuellement déployés dans l'est de la Centrafrique. Ils forment la colonne vertébrale d'une mission de l'Union africaine de lutte contre la LRA. Quelque 10.000 Casques bleus de la Minusca sont par ailleurs déployés dans le pays.

Créée en 1987 avec l'objectif de renverser le président ougandais Yoweri Museveni, la LRA s'est forgée une effroyable réputation au fil de ses exactions, s'étendant en Ouganda, dans le Soudan du Sud, dans le nord-est de la RDC puis en Centrafrique.

Elle a été depuis affaiblie par la capture ou la défection de plusieurs de ses chefs, le dernier en date (février) étant le commandant Okot Odek, mais l'état de déliquescence des autorités centrafricaines dans les régions de l'est, soumises aux bandes armées bien avant la chute en 2013 du président François Bozizé, a facilité sa pénétration.

Et l'accalmie des confrontations armées entre l'ex-rébellion Séléka et les milices anti-balakas semblent permettre à la LRA de gagner du terrain. Certaines de ses attaques se sont produites dans le nord-est de la Centrafrique, dans des zones échappant en grande partie au contrôle de la Minusca, présente dans les principales villes du pays.

Selon l'ONU, la LRA a tué plus de 100.000 personnes et enlevé plus de 60.000 enfants, d'abord dans le nord de l'Ouganda, puis au gré de son exil dans les pays voisins.

Avec AFP

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