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Au moins trois morts lors d'une manifestation réprimée à Beni


Des gens se disputent alors qu'une femme est transportée à l’hôpital de Beni, RDC, le 15 août 2016 après une vague de violences dans la région.

Des gens se disputent alors qu'une femme est transportée à l’hôpital de Beni, RDC, le 15 août 2016 après une vague de violences dans la région.

Au moins deux manifestants et un policier ont été tués mercredi à Beni lors des émeutes en rapport avec une énième tuerie qui a fait, le week-end dernier, plus de 50 morts, selon des témoins qui rapportent que les troubles continuaient le soir dans la ville.

La tension ne baisse pas dans la ville de Beni où au moins trois morts et des blessés ont été enregistrés après que la police a tenté de disperser des manifestants à coup de gaz lacrymogène et des tirs de sommation.

Un manifestant a été tué par balle alors que des policiers et des militaires congolais ont réprimé les manifestants à coups de gaz lacrymogènes puis des tirs de sommation. Cette violence intervient au dernier jour du deuil national en RDC.

Un journaliste sur place parle de deux civils tués et un policier mort de ses blessures.

"Un manifestant a été tué par balle réelle et un autre civil a été tué par des manifestants qui l’ont lynché et brulé vif, l’accusant d’être ou le confondant à un combattant des ADF (NDLR, rebelle ougandais des Forces démocratiques alliées)", témoigne le journaliste. "Le policier était également lynché et il est mort de ses blessures à l’hôpital", ajoute le reporter.

La société civile confirme la mort d’un jeune manifestant tué, selon elle, par balle. Elle parle d’un autre mort dans le sud de la ville mais attend la confirmation."Nous confirmons le premier mort mais nous attendons que la situation se calme dans la ville pour nous rendre dans le sud de la ville et vérifier car ça tire encore en ce moment", indique Gilbert Kambale président de la société civile la ville de Beni joint par VOA Afrique.

Selon lui, des groupes de jeunes en provenance des villes voisines sont arrivés à Beni.

"La tension ne peut donc pas baisser maintenant avec l’arrivée de ces jeunes de Butembo (NDLR, à 50 km) et d’Oicha (NDLR, à 30 km) ", précise M. Kambale."Nous l’avons fait savoir hier au Premier ministre et au président de la République. La population est en colère contre le gouvernement qui ne la protège pas", affirme-t-il.

Selon les journalistes affirment que les forces de sécurité déployées à l’entrée de Beni, ont empêché les manifestants venus d’Oicha et de Butembo d’entrer en masse dans la ville.

Un autre membre de la société civile confirme qu’il y a eu deux morts mais s’en prend aux organisateurs des manifestations.

"Il y a deux manifestants tués. La police a tiré des balles en caoutchouc, mais a recouru à des balles réelles quand la situation devenait incontrôlable… Nous condamnons ces manifestations qui ont pour rôle de déstabiliser la sérénité dont on a besoin pour combattre les terroristes", soutient pour sa part Omar Kavota d’un autre groupe de la société civile.

Mardi, la population a conspué le Premier ministre Matata Ponyo qui tentait de tenir un discours sur place.

M. Kambale rappelle que la société civile a adressé un mémorandum aux autorités congolaises.

"Nous exigeons que tous les officiers des ex-Cndp, ex-M23, l’APC, des ex-rébellions, des Mayi Mayi et d’autres groupes armés partent et qu’on en amène d’autres de l’Ouest ou du centre (NDLR, du pays) pour que nous soyons assurés de la capacité de dissuasion des groupes armés", exige M. Kambale.

La société a refusé de rencontrer le Premier ministre mais a exigé la démission des ministres de la Défense et de l'Intérieur.

Ces manifestations ont eu lieu au dernier jour du deuil national décrété par le gouvernement.

Plus de cinquantaine personnes ont été tuées à la hache, à la machette et par balles à Beni lors d’une énième attaque du genre le week-end dernier alors que le président Joseph Kabila et son gouvernement séjournent à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu.

La société civile compte plus de 1.300 abattue à l’arme blanche dans la région depuis novembre 2014.

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