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Réchauffement climatique en Afrique : "Nous avons une responsabilité commune"


Dr Juliette Koudenoukpo Biao, directrice du Bureau Afrique du Programme des Nations Unies pour l'environnement.

Dr Juliette Koudenoukpo Biao, directrice du Bureau Afrique du Programme des Nations Unies pour l'environnement.

La prochaine COP 22 se tiendra au Maroc, les questions d’environnement du continent africain restent d’actualité : réchauffement climatique, déforestation ou encore le trafic illégal d’espèces protégées… Autant de priorités pour le Dr Juliette KOUDENOUKPO BIAO, directrice du Bureau Afrique du Programme des Nations Unies pour l'environnement. De passage à Washington, elle fait le point pour VOA Afrique sur ces sujets.

Tatiana MOSSOT : où en est-on sur le plan du réchauffement climatique depuis l’accord de Paris il y a bientôt un an ?

Dr Juliette KOUDENOUKPO BIAO: C'est déjà heureux que cet accord soit universel sans condamnations mutuelles... Que l'on dise 'c'est la faute d'un tel', c'est la faute des pays développés, et ce n’est pas la faute des pays en développement. Pour se dire finalement que nous sommes tous affectés par ce problème-là. Nous avons une responsabilité commune, mais là où il reste encore des choses à clarifier, il faut vraiment pouvoir le faire à la COP 22 ! Pour préciser ce que l'on veut dire par approche différenciée, même si la responsabilité est commune.

Parce que le moment est venu de parler des moyens de mise en œuvre des ambitions qu'on s'est fixées. Nous avons une responsabilité à assumer ! Ça doit être clarifié, parce que les pays développés ont suivis tout le processus, même jusque à New York pour aller ratifier. C’est bon de ratifier, c'est bon de faire des déclarations, c'est bon d'applaudir, mais il faut bien mettre en œuvre quelque chose !

Tatiana MOSSOT : c'est un exemple parmi tant d'autres, pourquoi aujourd'hui la déforestation est un vrai cancer pour le continent africain ?

Dr Juliette KOUDENOUKPO BIAO : Lorsqu'on se débarrasse des forêts aujourd'hui, on sait l'impact que ça peut avoir sur les terres, l'impact que ça peut avoir sur notre cadre de vie, l'impact que ça peut avoir sur les subsistances des populations. Et lorsqu'on sait qu'en Afrique, des populations dépendent presque entièrement des ressources naturelles, vous pouvez imaginer ce que ça peut donner. Au niveau des communautés, il n'y a pas une réelle appropriation. On s'est plus focalisé sur la technique en oubliant la prise en compte des préoccupations des populations. L'autre chose, c'est lorsqu'on dit aux populations "ne coupez pas les arbres", leur a-t-on proposé des alternatives crédibles ?"

Tatiana MOSSOT : les ONG et une instance comme la vôtre ciblent particulièrement le trafic illégal des espèces protégées ?

Dr Juliette KOUDENOUKPO BIAO : Le commerce illicite de la faune est devenue un fléau mondial au rythme alarmant. 100 000 éléphants ont été tués entre 2010 et 2012 et ça continue ! On parle maintenant de crime organisé. Le PNUE se positionne pour aider les pays pour une conservation à long terme. On ne souhaiterait pas se focaliser sur l'espèce animale seule, il faut une approche holistique. Il n'y a pas que l'animal, il y a aussi l'habitat. Nous avons besoin d'une coopération aussi bien régionale que internationale.

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