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Echauffourées à Kinshasa entre policiers et membres de l’UDPS

  • Eddy Isango

Des policiers dispersant des manifestants à Kinshasa, 19 septembre 2016.

Des policiers dispersant des manifestants à Kinshasa, 19 septembre 2016.

Des échauffourées ont été enregistrées à Kinshasa entre policiers et partisans de l’Union pour la démocratie et le progrès social de l’opposant historique Etienne Tshisekedi, quelques temps après la nomination d’un Premier ministre issu du même parti.

Selon les cadres du parti, la police a dispersé les militants au siège du parti à Limete en tirant en l’air et en usant du gaz lacrymogène.

"Nous ne savons pas réellement ce qui s’est passé. Mais la police a tiré des coups de feu en l’air et lancé des grenades lacrymogènes autour du siège du parti. Les gens couraient dans tous les sens", a déclaré à VOA Afrique le chargé de communication de l’Udps, Augustin Kabuya.

Ce cadre du parti affirme n’avoir pas pu s’approcher du lieu car il y avait des jets de pierre.

Contactée par VOA Afrique, la police congolaise n’a pas voulu commenter.

Très tôt dans la journée, le président Joseph Kabila avait nommé M. Samy Badibanga issu de l’Udps comme Premier ministre pour la période qui suivra la fin constitutionnelle du mandat présidentiel.

La nomination a été faite dans le cadre d’un accord politique signé entre la majorité et une frange des opposants.

La grande partie de l’opposition dit ne pas être concernée par cette nomination.

Son parti, l'UDPS, affirme ne pas être concerné par cette nomination, affirmant que le président Kabila était encore dans ses prérogatives de nommer des membres du gouvernement jusqu'à la fin de son mandat, le 19 décembre 2016.

L'UDPS indique aussi que la personne nommée ne la représente pas ni la plate-forme le Rassemblement, regroupant le plus grand nombre de forces vives opposées au prolongement du mandat de Joseph Kabila.

"Le président Kabila est encore dans ses prérogatives de nommer qui il veut jusqu'au 19 décembre. Nous, nous voyons ce que nous allons faire après cette date et pour cela, il faut un dialogue inclusif", a affirmé à VOA Afrique le secrétaire général du parti d'Etienne Tshisekedi, Jean Marc Kabund.

En septembre dernier, l'UDPS avait dénoncé le débauchage par M. Kabila et annoncé l'auto-exclusion de ses membres qui avaient rejoint le dialogue politique avec la majorité. Samy Badibanga, à la tête du groupe parlementaire, était parmi eux.

Pour sa part, le Mouvement pour la libération du Congo (MLC), parti de Jean-Pierre Bemba et ses alliés estiment que cette nomination relève d'un stratagème de détournement d'attention de la part du pouvoir.

"Ils veulent nous amener tous à oublier le vrai problème qui est la fin du mandat de Joseph Kabila comme président de la République", déclare sur VOA Afrique Eve Bazaiba, secrétaire général du MLC.

Selon elle, M. Badibanga ne peut plus se prévaloir d'être le président du groupe parlementaire de l'UDPS car il avait déjà été éjecté.

La RDC traverse une crise politique profonde depuis la réélection de 2011 dont les résultats ont été contestés. La crise a été aggravée par le report à une date indéterminée de la présidentielle qui devait avoir lieu avant la fin 2016.

La nomination de M. Badibanga intervient 48 heures après un discours de M. Kabila devant le congrès au cours duquel il avait dit avoir assigné au gouvernement qui sera dirigé par le nouveau Premier ministre la mission principale d'organiser les prochaines élections.

M. Kabila est au pouvoir depuis 2001, son mandat prend fin le 20 décembre à minuit et la constitution lui interdit de se représenter.

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