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Des militants anti-esclavagistes en procès refusent d'entrer en salle d'audience en Mauritanie


Des manifestants anti-esclavagistes mauritaniens défilent pour réclamer la libération du dirigeant abolitionniste emprisonné Biram Ould Abeid à Nouakchott, 26 mai 2012.

Des manifestants anti-esclavagistes mauritaniens défilent pour réclamer la libération du dirigeant abolitionniste emprisonné Biram Ould Abeid à Nouakchott, 26 mai 2012.

Treize militants anti-esclavagistes jugés en Mauritanie pour leur implication présumée dans une manifestation violente, ont refusé d'entrer dans la salle d'audience, dénonçant une "répression contre leurs parents".

Les prévenus ont, selon leurs avocats. réclamé au préalable que leurs proches puissent accéder aux lieux.

Le procès des 13 membres de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) s'était ouvert le 3 août sous haute surveillance policière puis avait été renvoyé à lundi. Ces journées ont été consacrées à l'examen de questions de procédures soulevées par la défense devant la Cour criminelle de Nouakchott, qui les juge.

A la reprise des audiences mardi, les 13 prévenus se sont retranchés dans une salle du Palais de Justice en dénonçant une "répression contre leurs parents", a affirmé à l'AFP un de leurs avocats, Brahim Ould Ebetty.

"Ils affirment que leurs parents sont malmenés devant la prison où ils sont internés et ne parviennent pas, ainsi que les militants de l'IRA, à pénétrer en salle d'audience en raison des mesures de sécurité prise par les autorités" autour du Palais de Justice, a expliqué Me Ould Ebetty.

"Ils exigent la fin de tout cela pour reprendre le procès. Des négociations sont en cours" pour lever le blocage, a-t-il ajouté.

Les 13 militants de l'IRA ont été arrêtés entre fin juin et début juillet pour leur implication présumée dans une manifestation violente lors du déplacement forcé par les autorités d'habitants d'un bidonville de Nouakchott, Ksar, le 29 juin.

Une dizaine de policiers avaient alors été blessés par des manifestants en colère, d'après les autorités locales. Officiellement, les habitants du bidonville évacué occupaient un domaine privé. Ils ont été déplacés vers des parcelles de terrain offertes par l'Etat.

Les militants anti-esclavagistes - qui ne reconnaissent pas les faits qui leur sont reprochés, d'après leurs avocats - sont poursuivis pour "rébellion, usage de la violence, attaque contre les pouvoirs publics, attroupement armé et appartenance à une organisation non reconnue", selon plusieurs ONG qui réclament leur libération.

En l'absence des 13 prévenus membres de l'IRA, la cour a entamé mardi l'audition de dix autres personnes arrêtées et inculpées pour les mêmes motifs qu'eux, a indiqué à l'AFP une source judiciaire. Selon elle, ces dix accusés comprennent au moins cinq membres des familles déplacées de Ksar.

"Ces gens ont tous plaidé non coupable", a précisé un de leurs défenseurs, Me Mohamed Lemine Ould Amar.

Avec AFP

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