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Damas condamne l'intervention turque en Syrie


Quelques personnes se rassemblent autour des bâtiments en feu après une attaque à la bombe dans la banlieue de Sayyida Zeinab, à Damas, Syrie, 11 juin, 2016.

Quelques personnes se rassemblent autour des bâtiments en feu après une attaque à la bombe dans la banlieue de Sayyida Zeinab, à Damas, Syrie, 11 juin, 2016.

L'intervention militaire de la Turquie en Syrie est une "violation flagrante" de la souveraineté du pays, a dénoncé mercredi le ministère syrien des Affaires étrangères.

Damas "condamne le franchissement de la frontière turco-syrienne par des chars et des blindés turcs en direction de la ville de Jarablos avec une couverture aérienne de la coalition menée par Washington, et considère qu'il s'agit d'une violation flagrante de sa souveraineté", a réagi le ministère dans un communiqué.

"La Syrie réclame la fin de cette agression", a-t-il ajouté.

L'opération "Bouclier de l'Euphrate" a été lancée mercredi avant l'aube par l'armée turque, soutenue par les forces de la coalition internationale antijihadiste, avec avions de combat et forces spéciales, dans le but de chasser le groupe Etat islamique (EI) de la localité frontalière de Jarablos.

"Quelle que soit la partie qui mène le combat contre le terrorisme sur le territoire syrien, elle doit le faire en coordination avec le gouvernement syrien et l'armée syrienne qui mène cette lutte depuis cinq ans", ont souligné les Affaires étrangères.

Cette intervention rend encore plus complexe le conflit en Syrie qui implique plusieurs pays étrangers: les Etats-Unis, l'Arabie saoudite et la Turquie du côté des rebelles, et la Russie et l'Iran du côté de Damas. Le régime de Bachar al-Assad ne contrôle plus qu'une partie du territoire, le reste étant aux mains des Kurdes, des jihadistes ou des rebelles.

"La lutte contre le terrorisme ne consiste pas à chasser l'EI pour mettre à sa place des organisations terroristes appuyées par la Turquie", a affirmé le ministère, en référence aux insurgés.

Le pouvoir de Bachar al-Assad ne fait aucune distinction entre les militants anti-régime, les insurgés et les jihadistes. Il accuse depuis 2011 Ankara, ainsi que l'Arabie saoudite et le Qatar, de financier et d'armer les rebelles.

D'après le président turc Recep Tayyip Erdogan, l'offensive vise non seulement l'EI mais aussi les autonomistes kurdes syriens, bête noire d'Ankara.

Ces derniers ont réagi avec véhémence à l'annonce du début de l'opération en accusant Ankara et Damas de connivence et de vouloir de se mettre d'accord sur le dos des Kurdes de Syrie.

"Le gouvernement turc a abandonné sa politique (hostile) à l'égard du régime et se trouve désormais à ses côtés dans un même camp", a dénoncé l'administration semi-autonome kurde dans un communiqué.

"L'intervention turque à Jarablos est (...) une déclaration de guerre contre l'administration autonome, le projet fédéral" auto-proclamé en mars par les Kurdes dans leurs régions dans le nord et le nord-est du pays, a tweeté Aldar Xelil, un responsable au sein de l'administration semi-autonome.

L'intervention turque survient après des combats d'une violence sans précédent entre forces du régime et combattants kurdes dans la ville de Hassaké (nord-est), affichant au grand jour leur hostilité mutuelle.

La bataille, qui s'est soldée par la quasi-éviction du régime de Hassaké, a poussé Ankara à soutenir que Damas avait compris que les Kurdes étaient devenus "une menace pour la Syrie aussi".

Pour sa part, l'opposition à Assad et basée à Istanbul a salué "le soutien de la Turquie et de la coalition internationale de l'opération militaire à Jarablos".

La guerre en Syrie a fait depuis 2011 plus 290.000 morts et jeté sur les routes des millions de personnes.

Avec AFP

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