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Brexit : des conséquences multiples et les prochaines étapes


Anders Aslund, économiste pour le think tank Atlantic Council

Anders Aslund, économiste pour le think tank Atlantic Council

Après avoir suspendu son agenda au résultat du référendum britannique, l'UE a plongé dès vendredi dans une intense séquence de rendez-vous pour fixer un nouveau cap aux Européens et préparer leur vie sans le Royaume-Uni.

Les conséquences économiques du Brexit ne se sont pas fait attendre. Vendredi matin, les bourses mondiales sont en chute libre, le pétrole est à nouveau passé en dessous des 50 dollars et la livre sterling est au plus bas depuis plus de 30 ans ! Les marchés mondiaux redoutent une crise pire que celle de 2008. Pour l’économiste Anders Aslund, les conséquences du Brexit vont être multiples :


Rassurer les marchés

La Banque centrale européenne (BCE) s'est dite prête à "fournir des liquidités supplémentaires" si nécessaire pour prévenir un éventuel assèchement. En contact étroit avec les banques qu'elle supervise, la BCE considère que le système bancaire de la zone euro est "résistant en termes de capitaux et de liquidités".

Des négociations au plus vite

Le Royaume-Uni doit lancer les négociations sur sa sortie de l'UE "dès que possible", ont insisté vendredi les dirigeants des institutions de l'UE, inquiets de voir s'installer une situation de flottement.

"Nous nous tenons prêts à lancer les négociations rapidement", ont souligné les présidents de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, du Conseil européen Donald Tusk, et du Parlement européen Martin Schulz, après une réunion à Bruxelles.

En Allemagne

La chancelière Angela Merkel a convoqué un mini-sommet lundi à Berlin avec ses homologues français et italien, ainsi que Donald Tusk, pour "analyser la situation avec calme et retenue".

Deux jours plus tôt, samedi, également dans la capitale allemande, les ministres des Affaires étrangères des six pays fondateurs de l'UE (France, Allemagne, Pays-Bas, Luxembourg, Belgique, Italie) se réuniront pour évoquer la question.

Un plan franco-allemand ?

Plusieurs sources ont indiqué ces dernières semaines qu'une initiative du couple franco-allemand était à l'étude pour redonner une nouvelle perspective à l'UE, même si la France semblait davantage demandeuse que l'Allemagne.

Paris sera "à l'initiative pour que l'Europe se concentre sur l'essentiel", a promis vendredi le président français François Hollande, citant : "la sécurité", "l'investissement pour la croissance et pour l'emploi", "l'harmonisation fiscale et sociale", ainsi que "le renforcement de la zone euro et de sa gouvernance démocratique".

Interrogé vendredi sur le rôle du couple franco-allemand, Jean-Claude Juncker a indiqué en attendre "des prises de position très claires".

La Commission au travail

Une réunion des 28 commissaires européens est prévue lundi 27 juin à Bruxelles, pour plancher sur la mise en oeuvre pratique du Brexit. Avant même les résultats du référendum, des juristes de l'exécutif européen avaient été invités à suspendre leurs projets de vacances en juillet pour se lancer sans tarder dans l'intense travail juridique attendu.

Session extraordinaire du Parlement européen

Les présidents des principaux groupes politiques du Parlement européen, où siègent 73 Britanniques sur les 751 sièges, se sont réunis en début de matinée vendredi. Le président Martin Schulz a convoqué une session plénière extraordinaire mardi 28, au cours de laquelle doit être votée une résolution appelant David Cameron à "activer" au plus vite l'article 50 du Traité de Lisbonne afin de lancer la procédure de divorce.

Le Parlement européen devra in fine approuver l'accord de retrait négocié entre le Royaume-Uni et l'UE.

Sommet à Bruxelles

Un sommet européen est prévu les 28 et 29 juin à Bruxelles entre les chefs d'Etat ou de gouvernement des 28 : le Brexit en sera le sujet principal. Il sera évoqué lors du dîner du 28 avec une intervention de David Cameron, selon la lettre d'invitation de M. Tusk publiée vendredi soir.

Le lendemain, mercredi 29, les 27 autres dirigeants tiendront une réunion "informelle" pour "discuter des implications politiques et pratiques du +Brexit+", soit d'abord de la clause de séparation et ensuite de la question de l'avenir de l'Union européenne "à 27".

Rendez-vous à Bratislava

La Slovaquie doit prendre la succession des Pays-Bas, le 1er juillet, à la tête de la présidence tournante du Conseil de l'UE, pour le deuxième semestre de 2016. A cette occasion, les commissaires européens se rendront à Bratislava pour la traditionnelle visite du début d'une présidence. L'organisation du Brexit serait immanquablement au menu.

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