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Un avion d'EgyptAir reliant Paris au Caire s'abîme en Méditerranée


Un avion d'Egyptair à l'aéroport de Larnaca, Chypre, 29 mars, 2016.

Un avion d'Egyptair à l'aéroport de Larnaca, Chypre, 29 mars, 2016.

Un avion d'Egyptair reliant Paris au Caire avec 66 personnes à bord, dont 30 Egyptiens et 15 Français, s'est abîmé jeudi en Méditerranée au large d'une île grecque après avoir disparu des écrans radars pour une raison encore inconnue.

Le ministre égyptien de l'Aviation civile a assuré que son pays ne savait pas ce qui était advenu du vol EgyptAir Paris-Le Caire disparu dans la nuit et dont on n'a retrouvé aucun débris pour l'heure

"Si quelqu'un me demande si l'avion est tombé ou quelle en serait la cause, nous n'en savons rien", a déclaré le ministre Chérif Fathy lors d'une conférence de presse.

"Je ne peux pas exclure l'hypothèse de l'acte terroriste, ni quelque chose qui relèverait d'un incident technique, il est trop tôt", a-t-il ajouté à propos du vol MS804 qui, selon un responsable de l'aviation civile grecque et le président français François Hollande s'est abîmé en mer Méditerranée avec 66 personnes à bord.

L'appareil s'est abîmé au large de l'île grecque de Karpathos, entre Rhodes et la Crète, "alors qu'il se trouvait dans l'espace aérien égyptien". Il a disparu des radars grecs entre minuit et une heure du matin.

Son équipage n'a pas envoyé de message de détresse, selon l'armée égyptienne et l'aviation civile grecque, ce qui laisse supposer qu'un incident brutal et soudain est survenu.

La famille de Mohamed l'un des passagers égyptiens du vol d'EgyptAir A320 au Caire, en Egypte, le 19 mai 2016. (VOA/Hamada Elrasam)

La famille de Mohamed l'un des passagers égyptiens du vol d'EgyptAir A320 au Caire, en Egypte, le 19 mai 2016. (VOA/Hamada Elrasam)

L'Egypte n'exclut "ni l'acte terroriste ni l'incident technique" et assure qu'aucun débris n'ont été retrouvés pour l'heure.

Selon le ministre grec de la Défense, Panos Kammenos, l'appareil d'Egyptair a "effectué un virage de 90 degrés à gauche" puis un tour complet sur lui-même à droite "en tombant de 37.000 à 15.000 pieds" avant de disparaître des radars.

"Pour l'heure, nous ne savons pas pourquoi l'avion a disparu", a déclaré un porte-parole d'EgyptAir en milieu de matinée. "Aucune hypothèse ne peut être écartée sur les causes de cette disparition", a aussi assuré le Premier ministre français Manuel Valls sur la radio française RTL.

Des bateaux et des avions ont été dépêchés sur la zone mais aucune information n'a été donnée sur la découverte d'éventuels débris de l'avion.

Egyptair indique sur son compte Twitter ne pas connaître les causes de la disparition.

L'Airbus transportait 56 passagers, dont un petit garçon et deux bébés, ainsi que sept membres d'équipage et trois officiers de sécurité, selon la compagnie nationale égyptienne. 30 Egyptiens, 15 Français, un Britannique, un Canadien, un Belge, un Portugais, un Algérien, un Soudanais, un Tchadien, deux Irakiens, un Saoudien et un Koweïtien se trouvaient à bord.

Les ministres français et égyptiens des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault et Sameh Choukry ont échangé des condoléances, selon le ministère égyptien, ce qui laisse présager qu'il y a des morts.

L'Airbus avait décollé de l'aéroport français de Roissy-Charles de Gaulle près de Paris peu après 23h (21h TU) et devait atterrir au Caire à 03h05 (01h05 TU). Il volait à 37.000 pieds d'altitude (11.277 mètres) lorsqu'il est sorti des radars, a indiqué Egyptair.

A l'aéroport du Caire, les proches des passagers ont été confinés très tôt dans une salle isolée et la police interdisait l'accès à la presse. Ceux qui en sortaient étaient assaillis par les journalistes, comme une femme en pleurs qui a lancé à un photographe : "Mon frère est mort et tu me prend en photo?"

"J'ai quatre proches dans l'avion, on a aucune information. Le directeur adjoint d'EgyptAir nous a organisé une conférence pour nous dire qu'ils n'ont aucune information si ce n'est que l'avion a disparu", lâche un homme.

- 'Coopération étroite' -

Le président français Francois Hollande s'est entretenu avec son homologue égyptien Abdel Fatah al-Sissi, évoquant une "coopération étroite pour établir le plus vite possible les circonstances de cette disparition", selon l'Elysée.

M. Hollande a en outre présidé une réunion de crise à Paris tandis que des cellules de crise étaient mises en place au ministère des Affaires étrangères et à l'aéroport parisien de Roissy-Charles de Gaulle.

Cette disparition intervient dans un contexte difficile en Egypte, un peu plus de six mois après l'explosion, le 31 octobre, d'une bombe à bord d'un Airbus A321 transportant des touristes russes peu après son décollage de la station balnéaire de Charm el-Cheikh, dans le sud-est de l'Egypte, tuant ses 224 occupants.

L'attentat a été revendiqué par la branche égyptienne du groupe djihadiste Etat islamique (EI), qui multiplie en Egypte attentats et attaques, visant principalement les forces de sécurité et plus rarement les intérêts étrangers. Cette situation a contribué à faire chuter la fréquentation touristique, un secteur clé de l'économie du pays.

Et, le 29 mars, un pirate de l'air "psychologiquement instable" avait détourné vers Chypre un avion EgyptAir qui avait décollé d'Alexandrie et transportait 55 passagers. A l'arrivée à l'aéroport chypriote de Larnaca, l'homme avait libéré une grande partie des passagers, puis s'était rendu sans heurts au bout de six heures de négociations.

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