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L'adolescent arrêté pour une horloge artisanale poursuit son école aux Etats-Unis


Ahmed Mohamed, un adolescent de 14 ans qui allait au lycée MacArthur à Irving, Texas, le 19 octobre 2015, à Washington pour rencontrer le président Barack Obama.

Ahmed Mohamed, un adolescent de 14 ans qui allait au lycée MacArthur à Irving, Texas, le 19 octobre 2015, à Washington pour rencontrer le président Barack Obama.

La famille de l'adolescent arrêté l'an dernier après avoir apporté à son collège une horloge de sa fabrication, qui avait été prise pour une bombe, a lancé des poursuites contre l'établissement pour violation de ses droits civils.

Ahmed Mohamed, alors âgé de 14 ans, avait été menotté et brièvement détenu en septembre pour avoir amené à l'école l'un de ses bricolages: une horloge composée d'un écran numérique et d'un circuit électronique fabriquée pour impressionner son professeur de technologies, qu'un enseignant puis la police avait prise pour une bombe.

L'affaire avait pris une dimension nationale et l'élève de troisième avait reçu une vague de soutiens, dont celui du président Barack Obama.

Il avait été extirpé de sa classe et arrêté par la police qui avait par la suite évoqué une "fausse bombe" alors qu'il avait été établi qu'il s'agissait d'une horloge. Sa soeur avait tweeté une photo le montrant menotté, portant un T-shirt arborant le logo de la Nasa.

Et l'adolescent avait malgré tout été suspendu trois jours du lycée MacArthur d'Irving, près de Dallas.

"Il s'agit là de violations de ses droits civils", a affirmé Susan Hutchison, avocate de l'adolescent, lors d'une conférence de presse pour annoncer le lancement des poursuites.

"La seule justice que nous ayons dans notre système légal aux Etats-Unis, c'est celle de l'argent. Donc nous lançons des poursuites pour obtenir justice", a-t-elle ajouté.

Selon elle, la famille Mohamed n'a reçu aucune excuse et sa demande de réparation de 15 millions de dollars, adressée à l'école et à la municipalité, a été rejetée. La plainte déposée lundi ne mentionne aucun montant.

Dans la foulée de l'incident, le ministère de la Justice avait lancé une enquête --toujours en cours-- pour examiner si ses droits civils avaient été respectés.

"J'ai eu beaucoup de soutien au début, mais c'est la haine qui perdure", a relevé Ahmed Mohamed devant la presse.

Sa famille a dû quitter Irving et s'est installée au Qatar, où l'adolescent fréquente un établissement privé.

"J'ai perdu ma créativité, parce qu'avant j'aimais fabriquer des choses", a-t-il raconté, confiant que lorsqu'il retourne au Texas, il porte un vêtement à capuche, des lunettes et une casquette par crainte pour sa sécurité.

Dans un communiqué, les services scolaires ont fait savoir qu'ils "continuent de nier avoir enfreint les droits de l'élève" et font "tout ce qui est possible pour s'assurer que chaque élève puisse exprimer son meilleur potentiel".

Avec AFP

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