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La Maison Blanche rejette les allégations de l’ancien porte-parole du président Bush


La Maison Blanche et Scott McClellan échangent depuis mercredi des remarques acerbes au sujet d’un ouvrage intitulé « What Happened » (« Ce qui s'est passé »), à paraître début juin, dans lequel l’ancien porte-parole du président Bush règle ses comptes avec l’administration.

Notamment, McClellan qualifie de « grave erreur » la décision d’entrer en guerre contre l’Irak. Selon des extraits de l’ouvrage, le président George Bush aurait mené une campagne agressive de propagande, qui aurait pratiquement garanti que le recours à la force serait la seule option possible contre Bagdad.

La Maison Blanche a rejeté les allégations de M. McClellan, qui est resté 7 ans aux côtés de George Bush, d’abord lorsque ce dernier était gouverneur du Texas, puis à Washington après son élection à la présidence. McClellan a été porte-parole du président pendant les trois premières années qui ont suivi son élection, donc durant les évènements du 11 septembre 2001, puis lors de l’entrée en guerre en l’Afghanistan et en Irak.

Dans son ouvrage, il commente également « l'affaire Valerie Plame », cette ancienne agente de la CIA dont l’identité avait été divulguée pour nuire à son mari, l’ambassadeur Joseph Wilson, lequel avait accusé la Maison Blanche d’avoir menti sur des achats présumés d'uranium au Niger par l’Irak. Révéler l'identité d'un agent de la CIA est un crime fédéral aux Etats-Unis. McClellan dit avoir été dupé dans cette affaire par l’ancienne éminence grise de M. Bush, Karl Rove, et par le principal collaborateur du vice-président Dick Cheney, Lewis « Scooter » Libby.

Pour McClellan, M. Bush est un homme qui n’a pas le sens de la réalité et qui refuse de reconnaître ses erreurs. Des critiques qui ont suscité un tollé parmi les fidèles du président. L'actuelle porte-parole de la Maison Blanche, Dana Perino, a indiqué que M. Bush était « étonné » et « déçu » par le contenu du livre.

Pour Frances Frago Townsend, ancienne conseillère de M. Bush pour la sécurité intérieure et la lutte antiterroriste, la décision de McClellan de publier ses mémoires n’est pas professionnelle.

Pour sa part, M. Rove a fait valoir que si McClellan éprouvait des doutes au sujet du chef de l’exécutif, il n’en avait fait part à personne. « Cela ne ressemble pas à Scott, vraiment pas. Pas au Scott McClellan que je connais depuis longtemps », s’est etonné M. Rove. On dirait plutôt un blogueur de gauche, a-t-il ajouté.

Quelques mois avant sa démission en 2006, McClellan défendait toujours âprement la décision du président d’entrer en guerre contre Saddam Hussein. Dans ses mémoires, l’ancien porte-parole affirme maintenant que le public a été très mal informé, mais qu’il était sincère à l’époque.

De son coté, le président Bush a profité d’un discours dans le Colorado mercredi pour justifier à nouveau l’entrée en guerre en Afghanistan et en Irak. Ces offensives étaient nécessaires pour empêcher de nouveaux attentats terroristes aux États-Unis, a-t-il réitéré.

« Le succès viendra lorsque l’Irak et l’Afghanistan seront des alliés forts et capables dans la lutte contre la terreur » a dit M. Bush. Ce jour viendra et l’Amérique en sera d’autant plus en sécurité, a-t-il ajouté.

Jeudi matin, McClellan a répondu à ses critiques. S’exprimant sur la chaîne de télévision NBC, il a fait valoir que l’administration Bush se comportait comme si elle était toujours en campagne électorale, plutôt que d’avoir un dialogue honnête avec le peuple américain. On tente constamment de manipuler les choses à son avantage. C’est ce que Washington est devenu, constate McClellan. « C’est une bataille du pouvoir et d’influence, au lieu de délibérations conjointes et de compromis », a ajouté l’ancien porte-parole du président Bush.

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