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Rwanda : « Rwanda Rising » examine la réconciliation nationale


Douze ans après le génocide rwandais, un nouveau film, « Rwanda Rising », la renaissance du Rwanda, se penche sur la situation dans ce pays des Grands Lacs, suite au traumatisme de 1994. Des tensions ethniques ont conduit en 1994 au massacre de 800 000 Tutsi et Hutu modérés par des extrémistes hutu. L’ancien ambassadeur américain à l’ONU Andrew Young s’est rendu au Rwanda pour participer aux cérémonies de commémoration du dixième anniversaire de ce génocide.

De retour aux Etats-Unis, il a regardé plusieurs films sur ces tueries et en a conclu que ces films ne racontent qu’une partie de l’histoire récente du Rwanda. « J’ai donc amené avec moi une équipe de tournage lors de ma visite suivante au Rwanda. Et nous avons simplement filmé les gens. Nous avons essayé de les laisser raconter leur propre histoire et de laisser le film montrer le chemin parcouru dans l’effort pour panser les plaies causées par ce terrible évènement douze ans auparavant », a expliqué l’ex-ambassadeur des Etats-Unis à l’Onu.

« Rwanda Rising » a été le long métrage d’ouverture du Festival Panafricain du Film de Los Angeles en Californie. Andrew Young vit à Atlanta, chef de lieu de l’Etat de Géorgie. Aujourd’hui, il aide à gérer une organisation appelée Good Works International qui encourage les investissements en Afrique et dans la Caraïbe. Et il se plaint du fait que quand les Américains écoutent les informations en provenance de l’Afrique, ce sont presque toujours des mauvaises nouvelles.

« Nous disons même ici à Atlanta, que s’il y a du sang, ça fait la Une. Je comprends ça. C’est pourquoi il est important pour certains d’entre nous de pouvoir de présenter des nouvelles plus positives sur l’Afrique, des nouvelles de réconciliation, de prospérité, et pas seulement sur la pauvreté, des nouvelles sur l’unité politique après des conflits terribles comme le génocide », a souligné Andrew Young.

« Rwanda Rising » contient des interviews avec le président rwandais Paul Kagame et Paul Wolfowitz, le numéro 1 de la Banque Mondiale. L’ancien président américain Bill Clinton y apparaît lui aussi. Il se dit impressionné par l’atmosphère dans les villages de réconciliation. « Je n’arrête pas d’être étonné par la façon dont les Hutu et les Tutsi vivent ensemble dans ces villages de réconciliation, les histoires qu’ils racontent à propos de leurs expériences pendant cette terrible période, et leur refus de laisser la tragédie continuer à influencer le reste de leurs vies », a déclaré l’ex-président Clinton.

Un autre intervenant dans le film, le producteur de musique et réalisateur américain Quincy Jones, était présent à la cérémonie de présentation du documentaire à Los Angeles. S’étant rendu en Afrique à plusieurs reprises, il estime que les gens vivant hors du continent sont trop souvent mal informés à son sujet.

« En fait, l’Afrique a de nombreux visages et, à moins que vous preniez le temps de sortir des sentiers battus, et que vous ayez l’énergie et la compassion d’aller explorer ses différents aspects, vous ne pouvez pas vous en rendre compte... Il y a une grande différence entre Johannesburg en Afrique du sud et le Darfour ou Kigali », a expliqué Quincy Jones. Le producteur de musique américain reconnaît qu’il y a encore des tensions à Kigali, mais il affirme aussi que les Rwandais sont résistants et vont de l’avant.

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