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Rwanda: Kigali rejette l’idée de poursuites judiciaires contre le président Kagamé


Le gouvernement rwandais s’oppose catégoriquement aux recommandations du juge français Jean-Louis Bruguière que le Tribunal pénal international pour le Rwanda à Arusha (TPIR) engage des poursuites contre le président Paul Kagamé pour son rôle présumé dans la mort de l’un de ses prédécesseurs, Juvénal Habyarimana. Ce dernier a péri en avril 1994 quand l’avion à bord duquel il se trouvait a été abattu à l’approche de l’aéroport de Kigali ; un attentat qui avait déclenché le génocide au Rwanda.

Le juge Jean-Louis Bruguière a également requis des mandats d’arrêt internationaux contre neuf proches collaborateurs du président Kagamé, dont le chef d’état-major de l’armée rwandaise, James Kaberebe. Réagissant à cette affaire, les ministres rwandais de la Justice et des Affaires étrangères ont accusé la France de chercher à dissimuler son propre rôle dans le génocide de 1994, au cours duquel 800 000 Tutsis et Hutus modérés ont été assassinés par des extrémistes Hutus.

« La France ne cesse de calmer son innocence malgré les faits qui l’incriminent », a dit Charles Murigande, chef de la diplomatie rwandaise. « Pour nous, c’est absurde. C’est un jeu politique caractérisé comme un procès judiciaire », a déclaré, de son côté, le ministre rwandais de la Justice, Tharcisse Karugarama.

Pour le professeur Edouard Bustin de l’Université de Boston, traduire en justice un chef d’Etat en fonction est « un problème, qui, juridiquement, peut être assez compliqué ». Cependant, « il y a pas mal de précédents et la notion de juridiction internationale s’est répandue », a-t-il dit.

En ce qui concerne la possibilité d’un procès du président Kagamé devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda, le professeur Bustin estime que « toutes sortes d’obstables (...) se présenteront » du fait que, « pour toute sorte de raisons, le régime actuel du Rwanda a le soutien de différents pays occidentaux ».

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