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Le Rwanda rompt ses relations diplomatiques avec la France


Le Rwanda a mis fin, vendredi, à ses relations diplomatiques avec la France, en représailles à la décision du juge français Jean-Louis Bruguière de lancer des mandats d'arrêt internationaux contre neuf proches collaborateurs du président Paul Kagamé. Ceux-ci sont soupçonnés d’être impliqués dans l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion transportant le président rwandais de l’époque, Juvénal Habyarimana, et son homologue burundais Cyprien Ntayamira. Le juge Bruguière a également recommandé que le président Kagamé lui-même soit poursuivi en rapport avec cette affaire, par le Tribunal pénal international pour le Rwanda à Arusha.

Expliquant à Timothée Donangmaye la décision de son pays de rompre avec la France, le chef de la diplomatie rwandaise, Charles Murigandé, a dit qu’il ne sert à rien de maintenir des relations avec « un pays dont le gouvernement poursuit une politique de renversement, sinon de destruction de notre gouvernement. » Selon le ministre rwandais des Affaires étrangères, « le juge Bruguière a amené une enquête politique, avec l’objectif qui lui avait été assigné par le gouvernement d’arriver à détruire le gouvernement rwandais, à nuire à sa réputation. »

Charles Murigandé a affirmé que son gouvernement mène, de son côté, « une enquête factuelle » sur le rôle présumé de la France dans le génocide de 1994, avec des témoignages « de gens qui ont eu affaire à des Français, des femmes qui ont été violées par des militaires français, des personnes qui ont vu leurs frères, leurs amis succomber à des barrières qui étaient montées par des Français. »

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