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Le chef humanitaire de l'ONU empêché d'entrer dans une ville du Yémen


Des Yemenites armes soutenant le president Abedrabbo Mansour Hadi, le 9 mai 2015.

Des Yemenites armes soutenant le president Abedrabbo Mansour Hadi, le 9 mai 2015.

Stephen O'Brien, chef des opérations humanitaires de l'ONU, a été empêché mardi d'entrer à Taëz, la troisième ville du Yémen en guerre, où les loyalistes sont assiégés par les rebelles, a indiqué l'ONU dans un communiqué.

"Stephen O'Brien a été interdit de passage au dernier barrage routier avant de traverser la ligne de front" à Taëz (sud-ouest), a précisé le texte du Bureau des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha). Il n'a pas pu se rendre dans la ville "malgré les assurances de passage sûr" des protagonistes.

L'Ocha n'a pas mentionné qui des rebelles Houthis ou des forces loyalistes a empêché le convoi humanitaire de continuer son chemin, mais la route menant du nord vers Taëz est contrôlée par les insurgés et leurs alliés.

Le convoi de l'ONU a dû rebrousser chemin et a tenté de négocier son accès à la ville mais sans succès. M. O'Brien "est extrêmement déçu que les efforts pour faire parvenir des aides humanitaires aux nécessiteux soient de nouveaux bloqués par les parties en conflit, surtout à un moment où des millions de Yéménites risquent la famine".

Plus tôt, un responsable provincial a affirmé que le convoi avait été bloqué à un barrage des rebelles à Hizrane, à 15 km au nord-ouest de Taëz, alors que l'agence gouvernementale Saba a accusé les rebelles d'avoir "tiré sur le convoi" de M. O'Brien.

Dans un communiqué diffusé par Saba, le gouvernement a accusé les rebelles d'avoir interdit l'entrée de M. O'Brien à Taëz "pour empêcher que la vérité sur la situation dans la ville, y compris le siège asphyxiant, ne parvienne au monde".

Selon une source de l'ONU, M. O'Brien s'est finalement rendu dans la province d'Ibb (centre) pour rendre visite à des déplacés installés dans une école après avoir fui les combats dans la ville de Mokha, sur la mer Rouge, reprise par les loyalistes.

Arrivé dimanche à Aden (sud) où il s'est entretenu avec le président Abd Rabbo Mansour Hadi, M. O'Brien s'est rendu lundi à Sanaa pour rencontrer les rebelles et s'enquérir de la situation humanitaire dans les régions affectées par la guerre, dont Taëz.

Quelque 19 des 26 millions d'habitants du Yémen ont besoin d'aide alimentaire, a dit M. O'Brien, ajoutant que "7 millions de Yéménites ne savent pas d'où viendra leur prochain repas".

L'ONU a réclamé 2,1 milliards de dollars (2 milliards d'euros) pour aider cette année les personnes affectées par la guerre au Yémen.

Le Yémen est déchiré par une guerre qui oppose les rebelles chiites Houthis et leurs alliés -les forces restées fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh- aux troupes loyales à M. Hadi.

Le conflit s'est aggravé avec l'intervention militaire en mars 2015 d'une coalition arabe menée par l'Arabie saoudite pour aider le pouvoir à chasser les Houthis qui ont pris le contrôle de Sanaa et d'autres parties du pays fin 2014/début 2015.

En deux ans, le conflit a fait plus de 7.500 morts et 40.000 blessés, selon M. O'Brien.

Avec AFP

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