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La veuve d'un chef du groupe EI inculpée pour la mort d'une humanitaire américaine


Eric Mueller lit un poème à la mémoire de sa soeur, Kayla Mueller, en Arizona, le 18 février 2015. (REUTERS/Deanna Dent)

Eric Mueller lit un poème à la mémoire de sa soeur, Kayla Mueller, en Arizona, le 18 février 2015. (REUTERS/Deanna Dent)

Umm Sayyaf, capturée mi-mai lors d'un raid américain, a contribué à la détention de Kayla Mueller et d'autres prisonnières en Syrie. L'humanitaire américaine était l'"esclave" d'al-Baghdadi, chef du groupe EI.

La veuve d'un haut responsable du groupe Etat islamique tué lors d'un raid américain en Syrie a été inculpée lundi par la justice américaine pour son rôle dans la détention et la mort de la jeune humanitaire américaine Kayla Mueller.

Nasrin As'ad Ibrahim Bahar avait été capturée lors du raid à la mi-mai en Syrie qui a coûté la vie à son mari Abu Sayyaf, considéré comme un important "financier deu groupe EI", avait été remise en août dernier par les Etats-Unis aux autorités irakiennes.

Connue sous le nom de Umm Sayyaf, la jeune femme de 25 ans a reconnu avoir contribué à la détention de Kayla Mueller et d'autres prisonnières dans les maisons du couple, où l'humanitaire américaine a été violée par le chef de l'EI Abou Bakr Al Baghdadi.

Nisrin Bahar, qui serait membre de l'EI, a reconnu que Kayla Mueller "appartenait" à Abou Bakr al-Baghdadi lorsqu'elle était détenue dans les résidences d'Abou Sayyaf, décrivant une situation d'esclavage, selon les procureurs fédéraux.

Kayla Mueller avait 26 ans lorsqu'elle est morte en février 2015 alors qu'elle était aux mains de l'EI. Elle avait été enlevée à Alep, dans le nord de la Syrie, en août 2013.

Le groupe extrémiste a affirmé qu'elle était décédée lors de bombardements menés par des avions de la coalition internationale. Washington a contesté ces informations sans détailler les circonstances de sa mort.

Umm Sayyaf avait été capturée par les forces américaines le 15 mai 2015 à Al-Omar, dans l'est de la Syrie, lors de la première opération au sol revendiquée officiellement par les Etats-Unis contre le groupe EI pour capturer des membres de l'organisation ultra-radicale.

Une jeune femme de la minorité yézidie avait été libérée au cours de l'opération.

Kayla Mueller et d'autres "prisonnières étaient à divers moments menottées, gardées dans des pièces fermées à clé et des ordres leur étaient donnés quotidiennement au sujet de leurs activités et mouvements", selon une plainte déposée au tribunal de district de Virginia (USA).

"Alors qu'elle était en captivité, Kayla Jean Mueller a été victime d'abus sexuels de la part de Baghdadi, qui l'a forcée à avoir des relations sexuelles avec lui", ajoute la plainte. "L'accusée (Bahar) savait comment Mme Mueller était traitée par Baghdadi quand elle était retenue contre sa volonté dans la maison de l'accusée".

Selon le texte, Bahar aurait dit aux prisonnières qu'elle "les tuerait si elles ne l'écoutaient pas".

La veuve d'Abou Sayyaf a reconnu qu'elle était seule responsable de garder les otages lorsque son mari était en déplacement pour ses activités, et que Baghdadi et d'autres membres du groupe séjournaient dans les résidences du couple de temps à autre, selon la plainte.

Si elle est reconnue coupable, Umm Sayyaf sera condamnée à la prison à vie. Elle est actuellement poursuivie par les autorités irakiennes.

"Nous soutenons totalement les poursuites judiciaires irakiennes et continuerons d'oeuvrer avec les autorités" de ce pays pour "la tenir responsable de ses crimes", a déclaré le procureur général adjoint John Carlin dans un communiqué.

"Nous continuerons à demander justice pour Kayla et tous les Américains victimes du terrorisme", a-t-il ajouté.

AFP

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