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Vers une victoire des partis au pouvoir aux législatives en Algérie


Louisa Hanoune, deuxième à gauche, chef du parti ouvrier algérien assiste à la session de vote sur les réformes constitutionnelles à Alger, Algérie, 7 février 2016.

Le parti au pouvoir en Algérie depuis l'indépendance et son principal allié semblaient bien placés vendredi pour remporter, comme prévu, les législatives de la veille, selon des résultats partiels publiés par des médias

.Les résultats officiels de l'élection devaient être proclamés à la mi-journée.

Sans attendre, la radio nationale a annoncé que, sur la base de résultats partiels, le Front de libération nationale (FLN) du président Abdelaziz Bouteflika allait conserver sa première place à l'Assemblée nationale populaire, la chambre basse du Parlement.

Son allié au sein de l'Alliance présidentielle, le Rassemblement national démocratique (RND) du directeur de cabinet de la présidence Ahmed Ouyahia, arriverait en deuxième position, selon les résultats partiels également annoncés par des médias privés.

La victoire du FLN, l'ex-parti unique qui est au pouvoir depuis que l'Algérie est devenue indépendante de la France en 1962, était largement attendue.

"Pour les observateurs de la scène politique, il n'y a pas de surprise. Les partis au pouvoir prennent les deux premières places et les islamistes montent sur la dernière marche du podium", a commenté le politologue Rachid Tlemçani.

Aux précédentes législatives de 2012, les partis islamistes avaient enregistré leur plus mauvais score depuis le premier scrutin pluraliste de 1990. Ils avaient été notamment victimes de leurs divisions alors qu'ils espéraient surfer sur les victoires de leur mouvance dans les pays du Printemps arabe.

Cette année, deux coalitions islamistes ont tenté de jouer l'unité autour de listes rassemblant plusieurs mouvements et partis.

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L'autre inconnue de cette élection est le niveau de l'abstention à l'issue d'une campagne sans relief qui a mis en lumière l'indifférence des électeurs sur fond d'inertie politique et de marasme économique.

Le taux de participation définitif devait être annoncé à la mi-journée lors d'une conférence de presse du ministre de l'Intérieur Nourredine Bedoui.

Aux législatives de 2012, 42,90% des électeurs avaient voté.

Jeudi à 17H00 locale (16H00 GMT), soit trois heures avant la clôture du scrutin, le taux de participation s'élevait à 33,53%, soit un chiffre stable par rapport à celui de 2012 (33,97%), selon le ministre de l'Intérieur.

"Bien que le contexte socio-économique ait changé, nous avons les mêmes taux de participations qu'en 2012 que ce soit à 10H, 14H ou17H. C'est incroyable... Il y a anguille sous roche", s'est étonné M. Tlemçani.

Plus de 23 millions d'électeurs étaient appelés à élire les 462 membres de l'Assemblée populaire nationale (APN) au suffrage universel.

Contrairement à l'élection présidentielle, les législatives suscitent généralement peu d'engouement auprès des Algériens.

"C'est normal de voter pour le président, mais pour les députés je ne vois pas l'intérêt", a déclaré Mourad, un ingénieur de 45 ans interrogé à Alger par l'AFP. Pour son ami Farid, 57 ans, enseignant dans un lycée, "de toute façon, les partis au pouvoir l'emporteront encore une fois".

Cette année, la flambée des prix des produits alimentaires quelques semaines avant les législatives, la situation socio-économique du pays et les scandales de corruption révélées par la presse dont les derniers concernent des candidats ayant payé pour figurer sur des listes électorales ont dissuadé nombre d'électeurs de se déplacer.

La santé chancelante de M. Bouteflika, 80 ans, fait en outre régulièrement l'objet de spéculations.

Dans de nombreux bureaux de vote, le bulletin blanc était majoritaire, selon différentes sources.

"Les gens sont déçus par la précédente législature qui n'a rien accompli", estime M. Tlemçani. En particulier les jeunes, qui ne votent pas car "la coupure entre l'élite et la jeunesse s'est aggravée ces dernières années".

Selon les résultats provisoires diffusés par les télévisions privées, aucun des partis de la mouvance démocratique n'aurait obtenu suffisamment de sièges pour pouvoir constituer un groupe parlementaire, qui nécessite 21 députés.

Il s'agit notamment du Front des forces socialistes (FFS, plus vieux parti d'opposition), du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), qui avait boycotté les législatives de 2012, et du Parti des travailleurs (PT) de la figure de proue de l'extrême-gauche Louisa Hanoune.

Ces législatives ont été en revanche boycottées par le nouveau parti de l'ancien chef du gouvernement Ali Benflis, rival malheureux de M. Bouteflika à la présidentielle de 2014.

Avec AFP

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