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Belgrade déplore une "justice sélective" après la condamnation de Karadzic


Sajma Smajlovic (droite) et Vasva Smajlovic, qui habitent à Potocari, près de Srebrenica, suivent à la télévision la lecture du verdict dans le procès pour génocide de l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic, 24 mars 2016.

Sajma Smajlovic (droite) et Vasva Smajlovic, qui habitent à Potocari, près de Srebrenica, suivent à la télévision la lecture du verdict dans le procès pour génocide de l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic, 24 mars 2016.

Belgrade estime que le TPIY s'est appliqué à condamner les crimes commis par des Serbes mais n'a pas rendu justice pour des crimes contre des Serbes.

Le gouvernement serbe a déploré vendredi l'application d'une "justice sélective" de la part du TPIY qui a condamné l'ex-chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic à 40 ans de prison pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre pendant la guerre de Bosnie (1992-95).

"Toute justice qui débouche sur la condamnation d'un seul peuple pour des crimes qui ont été commis par tous (toutes les parties impliquées dans le conflit) est sélective", a déclaré le ministre serbe de la Justice Nikola Selakovic, qui lisait devant la presse un communiqué du gouvernement.

Belgrade estime, d'une manière générale, que le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) s'est appliqué à condamner les crimes commis par des Serbes mais n'a pas rendu justice pour des crimes contre des Serbes commis par les autres participants aux conflits qui ont déchiré l'ex-Yougoslavie dans les années 1990.

Belgrade ressent "un gout amer" après les "nombreuses années de travail" du TPIY, a constaté le ministre.

Il s'exprimait après une réunion extraordinaire du gouvernement du Premier ministre Aleksandar Vucic consacrée au verdict prononcé à l'encontre de Radovan Karadzic, 70 ans.

"Nous ne permettrons à personne de prendre ce verdict comme un prétexte pour nous montrer du doigt", a-t-il poursuivi.

"Notre peuple a su reconnaitre les victimes des autres (peuples) et leur rendre hommage d'une manière digne, mais personne d'autre dans la région n'a été en mesure de faire de la sorte lorsqu'il est question des victimes serbes", a ajouté M. Selakovic.

M. Vucic, qui contrairement à ses habitudes, ne s'est pas adressé à la presse vendredi, avait mis en garde la veille "tous ceux" qui seraient tentés de remettre en question l'existence de l'entité serbe en Bosnie après l'annonce du verdict contre Radovan Karadzic.

En vertu des accords de paix de Dayton (Ohio/Etats Unis) qui ont mis fin au conflit, la Bosnie a été divisée en deux entités, l'une serbe, l'autre croato-musulmane, semi-indépendantes, reliées par de faibles institutions centrales.

Avec AFP

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